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Diary - Le journal de Romain Guilleaumes, à partir de janvier 2011.

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Romain Guilleaumes

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RÉFÉRENCE

Synapse Développement est la société qui produit le logiciel Cordial et ses nombreux dictionnaires, ainsi que les correcteurs orthographique et grammatical de  Word.

Dans son dictionnaire de citations, Synapse présente 152 aphorismes de Romain Guilleaumes depuis 2008.

Romain y est présenté comme l'un des derniers moralistes contemporains vivants.

Lien : Synapse-fr.com
Salmigondis
Aphorismes, maximes et pensées.
.
© 2009 Romain Guilleaumes. Tous droits réservés.

A de notables exceptions invérifiées près, il n'est pas de couple vieux de quelques années qui n'abrite au moins un cocu. Si ce n'est l'autre, c'est donc toi...

A force d'être seul, on finit libre. Désespérément libre.

A quelques très rares exceptions près, il n'y a que les imbéciles et les ignorants pour ne jamais douter d'eux, et ça leur réussit ma foi fort bien.

Arrogant, l'homme qui ne peut concevoir un ordre naturel supérieur à sa volonté, reconnaître une sorte de conscience ou un instinct de survie à la nature, n'a pas encore trouvé de mot plus acceptable que "Dieu" pour désigner ce qui dépasse son entendement, ce qui trahit l'immensité de son ignorance.

Athéisme et théisme sont également des actes de foi personnels, dépourvus de pertinence scientifique.

Au premier souffle d'air, la braise discrète réchauffe à son feu lorsque la flamboyante flamme nue s'éteint.

Beaucoup d'hommes ne progressent dans la vie que par la rencontre d'une femme qui les convainc de partager et de réaliser ses propres rêves.

Bien que vieillissant, il vous reste de vrais amis ? C'est que vous n'avez pas dû faire grand-chose de bien ou de mal pour qu'ils ne soient devenus ni envieux, ni dédaigneux.

C'est sous la glace apparente que sommeillent les plus torrides volcans, que brûlent les plus fascinants feux, que palpite la plus chaude lave, que l'on découvre ces enivrantes passions qui marquent la vie comme nulle autre.

Ce garçon a tendance à tout dramatiser, il cultive le sens de l'exagération, prétend contribuer à transmettre le savoir qu'il ne possède pas et s'enorgueillit de son esprit de contradiction. Pour peu qu'il soit servi par un zeste de talent, une aura médiatique et beaucoup de chance, on en fera un auteur ou un journaliste, peut-être brillant. Sinon, il passera toute sa vie pour un moins que rien.

Ce garçon est envieux, jaloux, râleur, mesquin, étroit d'esprit, protestataire et revendicatif, ce qui le destine idéalement à une carrière de petit fonctionnaire aigri et sans envergure.

Ce qu'on lit en diagonale, on le comprend de travers.

Ce qui m'ennuie n'est pas ce que tu penses, et qui diffère tant de mes propres valeurs, mais le jugement et la condamnation d'autrui, le dédain et le mépris qui en découlent.

Celui qui n'a pas d'argent est simplement pauvre, mais celui qui n'a connu ni l'amour ni la passion est inaccompli.

Celui qui pense de travers, c'est celui dont la pensée ne rencontre pas nos sentiments.

Chambres d'échos des gardiens du système et de la communication commerciale, devenus artisans du conditionnement des masses, les journalistes ne sont plus guère aujourd'hui que des vulgarisateurs - parfois habiles ou talentueux - de communiqués de presse.

Charité bien ordonnée commence par soi-même, ainsi nous commençons par nous admirer nous-mêmes mais beaucoup n'aiment finalement jamais personne d'autre.

Cohérence et dignité réclament des gens qui ne jurent que par le pays de leurs aïeux qu'ils y restent ou qu'ils y retournent.

Combien de gens ne soignent-ils leur apparence que pour mieux dissimuler la noirceur de leur âme, le chaos intérieur qui les anime ?

Croire savoir et croire comprendre sont les professions de foi de l'ignorance, seule religion universelle et intemporelle.

Dans l'idéal, le rôle de la justice devrait se borner à confondre les coupables et à disculper les innocents avec sûreté. Seulement alors, pour une peine proportionnée, la loi du talion serait la plus équitable entre toutes.

Dans la nature, ce qui est beau, chatoyant et clinquant est souvent vénéneux. L'espèce humaine ne déroge pas à la règle.

En démocratie, grands cœurs et petits esprits sont les fléaux qui légitiment la démagogie et le populisme, répugnants parasites d'un fruit qui eut pu être si délicieux.

En démocratie, la somme des minorités peut faire une courte majorité très acceptable dès qu'on mobilise les médias à grands coups de millions et d'émotions.

En dictature, les intellectuels sont réduits au silence par le pouvoir ; en démocratie, ce sont les ignorants et les commerçants qui monopolisent les espaces de communication.

En règle générale, le pessimiste est tout simplement mieux informé que l'optimiste.

Espoir, maudit espoir qui fait prendre des vessies pour des lanternes, qui fait endurer chaque jour au nom d'une promesse de meilleurs lendemains qu'aucune raison ne confirme pourtant.

Exercer une profession intellectuelle ne fait pas de nous des intellectuels ; organiser et penser un processus industriel ou commercial ne nous qualifie pas pour la réflexion et l'abstraction philosophiques.

Face au développement frénétique de la société matérialiste, les optimistes parlent de progrès, les pessimistes de décadence et les réalistes d'évolution artificielle. Les premiers s'enrichissent, les seconds sont frustrés et les troisièmes blasés.

Fille de l'assurance, l'audace est mère de quelques échecs et de toutes les réussites.

Il est aussi faux qu'audacieux de prétendre qu'on aime "les gens". Au mieux, on respecte chaque individu et on n'en aime que quelques uns. Et encore...

Il est plus facile de critiquer un homme que de débattre de ses idées, cela réclame moins d'efforts et n'exige aucune compétence.

Il y a les politiciens qui copinent avec les industriels et ceux qui préfèrent les financiers. Les uns sont porteurs d'emplois et contribuent à l'essor général, les autres assurent des profits à quelques particuliers.

J'ai beau me raisonner, j'ai beau faire, je ne peux éprouver que du mépris pour les femmes qui acceptent d'être trompées pourvu qu'elles aient de beaux enfants et qu'elles reçoivent des garanties de confort et d'honorabilité sociale.
Quant à celles qui trompent un brave type tant qu'il a du fric et le quittent pour un autre dès qu'il n'en a plus, elles me répugnent.
Je ne vois là, pour les unes et les autres, que des variantes honteuses et hypocrites de la prostitution.

J'ai longtemps voulu croire en l'Homme, puis j'ai compris qu'il est autant la vermine de la Terre que de l'Univers, que l'Antéchrist est sans doute l'humanité dans sa globalité et que le Christ ne fut qu'une naïve et timide tentative de la raisonner.

J'ai peine à comprendre que l'on puisse passer le plus clair de son temps loin de ceux que l'on dit aimer. Travail, argent, loisirs, devoir, qu'ont-ils donc qui pèse plus lourd que le besoin de vivre et de dire son amour à chaque instant, de profiter de ces rares privilèges dont la vie nous privera toujours trop tôt ?

J'aime les femmes, précieuses et rares, qui sont honnêtes et sincères lorsqu'elles soutiennent préférer l'amour à l'argent.

"Je râle, donc je suis" est la devise des petits esprits qui croient ainsi démontrer qu'ils pensent.

L'amour des hommes contient toujours une promesse de haine. Toute amélioration de son statut l'amène immanquablement à immoler ses amis d'infortune, devenus gênants témoins d'un temps révolu dont le souvenir est porteur de gêne, de honte ou de souffrance.

L'art de l'insouciance est l'unique talent que requiert une vie heureuse.

L'enseignement produit surtout des individus qui se croient instruits et cultivés lorsqu'ils ne sont que conditionnés et endoctrinés.

L'être humain n'aime pas la liberté, il la redoute et lui préfère un joug qui semble lui garantir un moindre mal ou une apparente économie d'efforts. Libérez-le du diktat de son employeur, il proteste ; libérerez-le de l'emprise de son conjoint, il pleurniche ; offrez-lui la liberté de pensée et il se range derrière des personnages charismatiques ou fait siennes des idées entendues ailleurs et vaguement comprises.

L'hésitation est l'éclair de l'intelligence et le bourreau de la réussite. Le malin connaîtra le succès en conformant son esprit à l'ordre des choses en vigueur, à ses priorités, à sa logique et à ses valeurs, sans autre forme de réflexion.

L'homme déconsidère généralement tout sens moral qui ne satisfait pas ses intérêts ou ne contribue pas à l'optimisation de ses profits.

L'Homme est le seul animal capable de détruire sciemment son habitat, d'hypothéquer son avenir et sa subsistance, au seul nom de ses plaisirs et confort immédiats. C'est sans doute au titre de ce talent unique qu'il s'est lui-même placé au sommet de la pyramide des espèces...

L'Homme est un simple élément, constitutif mais non nécessaire, de la Nature et en aucun cas son maître.

L'Homme est-il une erreur de Dieu ou une erreur de la Nature ?

L'Homme ne pourra s'enorgueillir de son intelligence que le jour où il s'affranchira, sans concession, de tout ce qui nie et de tout ce qui nuit à son libre arbitre, des idéologies et religions jusqu'au veau d'or et à la société de consommation, la plus subtile et perverse des servitudes.

L'homo consommatus est un animal dépensant, c'est-à-dire qui cesse de penser.

L'humanité est-elle le chef-d'œuvre ou l'erreur fatale de la Nature ?

L'insouciance n'a jamais habité un être intelligent, à moins qu'il soit corrompu par l'amour.

L'obligation de vivre en société n'est supportable que si l'on se dérobe à l'obligation de plaire toujours et à tous.

L'obligation faite à chaque être humain de gagner sa vie n'est ni le plus court, ni le plus évident chemin vers la liberté, pourtant promise à chaque animal.

Là où il ya des femmes subsistent quelques vestiges d'humanité, noblement vêtus de compassion.

La complaisance des pères avait toléré l'émergence du nazisme, celle des fils encourage la propagation de l'islam ; j'en pleure avec toi, mon pauvre David...

La démocratie capitaliste, qui produit richesse et confort au bénéfice du plus grand nombre, a introduit un hiatus dans l'évolution, corrompu la sélection naturelle en permettant la survie et la reproduction des plus faibles et des moins aptes. C'est à mettre à son crédit ! A moins, bien sûr, qu'on estime que la surpopulation, l'épuisement des richesses naturelles et la destruction de la planète soient des objections pertinentes, plus que de vulgaires détails...

La liberté est un plus lourd fardeau que la servitude. Les animaux supérieurs le pressentent par instinct et s'organisent dès lors en société.

La litote librement retirée, Saint-Ex. avait raison : on a tous besoin d'un plus minable que soi. Pour beaucoup, c'est d'ailleurs l'unique ressort de l'amitié.

La morale est le dernier rempart de la vertu. Tout ce qui vise à la nier, à lui nuire, ne sert finalement que le vice, la tromperie, le faux et le mal.

La musique, qui ne se limite jamais aux seules oreilles désireuses de l'écouter, est une constante injure à cette liberté des uns que l'on dit s'arrêter où commence celle des autres.

La Nature - parfois appelée "Dieu" - ignore le bien et le mal, elle se contente de récompenser ce qui fonctionne et de sanctionner ce qui ne fonctionne pas. Le bien et le mal sont des notions humaines, éminemment volatiles, dont la ligne de démarcation varie selon les époques, les lieux, et même selon les individus.

La plupart des gens qui vous parlent de culture ont le projet de vous faire admirer celle d'autrui et renier la vôtre.

La réponse monosyllabique catégorique à une question complexe est le révélateur universel de l'imbécilité.

La seule droite que je respecte n'est pas celle qui ne jure que par l'omnipotence du fric et du profit, mais celle qui veut encore croire en des valeurs éminemment humaines - malmenées de toutes parts -, comme l'honneur, l'honnêteté, la décence, la vertu et la dignité. Une droite qui promeut l'ordre moral bénéfique à chacun et non l'ordre économique qui ne voit dans les êtres que l'aliment nécessaire à sa croissance ou à sa pérennité.
Quant à la gauche, elle ne conteste le profit que lorsqu'elle n'en bénéficie pas et ne revendique, en fin de compte, que le droit à l'avidité et à la cupidité pour le plus grand nombre, conformant ainsi les masses à l'ordre économique voulu par la droite.

Laisser le peuple s'adresser à lui-même est le plus sûr moyen d'accréditer durablement les plus sottes pensées.

Le bonheur par la consommation est l'illusoire devise d'influençables esprits simples et l'opportune conviction des publicitaires et des commerçants.

Le coup de foudre, c'est lorsque tous les espoirs déçus reprennent ardeur au hasard d'un premier regard.

Le couple meurt lorsque l'enfant paraît.

Le despote et l'anarchiste ont en commun de ne tolérer qu'une seule autorité, la leur.

Le doute est l'aphrodisiaque de l'intelligence et le poison du cœur.

Le droit des gens doit l'emporter sur le droit des entreprises, mais les intérêts particuliers doivent s'effacer devant l'intérêt général.

Le principal moteur de l'ambition des hommes est la cupidité des femmes.

Le snobisme est l'inconvenante et commune vulgarité des parvenus, nouveaux riches sans noblesse, ni de cœur ni de sang.

Les animaux ne vivent que par leurs sentiments, leurs émotions et leurs instincts. L'humain qui ne se comporte pas différemment ne s'en distingue en rien.

Les complices d'un système en sont les premiers esclaves.

Les destinées ne se rencontrent, hélas !, que le temps d'un carrefour.

Les effets d'annonce nuisent presque toujours à la réalisation de nos projets. Un peu comme si dire les choses nous dispensait inconsciemment de les entreprendre, a fortiori de les mener à bien.

Les faibles et les fragiles ont autant le droit de vivre décemment, par la seule grâce de leur naissance, que les forts et les malins. Hors de ce principe, se perpétue la sélection naturelle qui exclut jusqu'à l'idée de civilisation.

Les faux cons sont des ignorants curieux de tout, les vrais cons sont des gens instruits curieux de rien.

Les femmes sont nostalgiques de leur enfance, les hommes de leur adolescence ; ainsi les unes revivent-elles à travers leurs enfants, les autres auprès de jeunes maîtresses.

Les jeunes gens empressés de se faire valoir sont aussi pédants au-dehors qu'ignorants au-dedans.

Les papas qui trop aiment jouer à la poupée avec leur petit garçon risquent de le voir un jour préférer l'arrière-train masculin à l'écrin féminin.

Les petites gens aiment critiquer les hommes de pouvoir car ça leur donne l'illusion d'être capables d'en exercer les fonctions.

Les procès d'intentions et la mauvaise foi trahissent plus d'une mauvaise conscience.

Les rencontres improbables réunissent deux êtres qui se reconnaissent instinctivement dans ce qu'ils ont de plus vrai, de plus intime, leur identité profonde, par-delà de volatiles apparences qui ne les opposent qu'en superficie.

Les vraies questions, les seules qui confrontent l'homme à son essence et au sens de sa vie, saturées de candeur et de naïveté souvent juvéniles, ne sont jamais posées que par les adolescents. Les enfants s'en désintéressent et les adultes s'en détournent avec mépris, dédain ou arrogance, las de ces ignorances stériles qui pourraient ébranler leurs certitudes rassurantes et confortables, péniblement acquises.

Lorsque l'art d'un artiste devient son métier, ils ne sont plus l'un et l'autre que commerce et comptable

Lorsque l'on pose un acte qui engage des responsabilités, le moindre des choses serait de les assumer.

Me rendre chez des gens qui ont des enfants me permet d'apprécier mon bonheur de ne pas en avoir.

Mieux que la découverte de l'inconnu, c'est la fuite de lieux où l'on ne fait plus illusion qui motive plus d'un élan nomade ou migratoire.

Nul n'a le droit de prohiber quelle qu'opinion que ce soit, pourvu qu'elle ne mette pas en péril la vie d'autrui.

On ne hait bien que ce qu'on a trop aimé.

On ne sauve pas la vie de quelqu'un, on la prolonge seulement, à tort ou à raison.

On s'éloigne de quelqu'un lorsque sa part d'ombre occulte la lumière qu'il dégage pourtant.

Petite leçon de préséance.
La société est le produit de l'homme et l'homme celui de la nature. Il n'est pas de croyance plus fausse que la sujétion universelle à la société des hommes.

Polluer moins, c'est polluer encore et toujours trop, quel qu'en soit le prétexte s'il échappe aux lois et aux besoins de la nature.

Pour ceux dont la vie se résume à quérir des honneurs, seule la fonction fait l'homme et ils ne sont donc personne au-delà de ce qu'ils paraissent.

Pour séduire le peuple il faut lui mentir, et pour le bien gouverner il faut lui mentir encore, telle est sa volonté. Si les choses tournent mal, il lui sera alors aisé de protester de sa bonne foi et de critiquer sans gêne, sans honte et sans rougir.

Plus on pense à la somme vertigineuse de coïncidences favorables qu'il a fallu pour aboutir à ce monde tel qu'il est, plus on se dit que le hasard a bon dos.

Qu'est-ce le bonheur, sinon aimer la vie tout en aimant ceux qui nous aiment ?

Qu'est-ce qu'un imbécile heureux ? Un pléonasme, forcément.

Quand l'ignorance s'exprime, elle passe toujours pour de l'imbécilité.

Quand on aime vraiment quelqu'un, c'est-à-dire plus que soi, on ne peut qu'être incapable de le tromper. Ceux qui ne comprennent pas cela n'ont jamais aimé.

Quand on vieillit, c'est fou le temps que l'on passe "entre deux âges".

Quand un philosophe croit rencontrer Dieu, c'est toujours là où il entendait démontrer son inexistence et l'omnipotence de l'Homme.

Qui louange vos émotions ne s'intéresse, en fait, qu'à votre argent, votre voix ou votre corps. De vos sentiments, il se moque et tire seulement profit.

Réduire les rapports entre les gens à des questions d'argent, voilà tout l'objet du commerce et de l'économie de marché.

S'il est aisé de se croire quelque talent littéraire tant qu'on n'a pas lu Hugo, persévérer sans complexes sitôt fait ne démontre que l'empire d'une bêtise arrogante.

S'il faut renoncer à défendre et promouvoir sa propre identité culturelle pour mieux s'ouvrir et s'imprégner de celle d'autrui, que les immigrés commencent !

Savoir son ignorance est la plus noble des connaissances.

Si laisser libre cours à des opinions dangereuses peut fragiliser la démocratie, borner la liberté d'expression aux seules idées compatibles avec l'ordre établi, c'est la nier, avouer sa faillite et s'en arranger.

Si le devoir essentiel de chaque homme est d'être agréable aux autres, il ne nous reste plus qu'à ériger l'hypocrisie, le mensonge, la flatterie et la fausseté en vertus cardinales. Mais peut-être est-ce fait depuis longtemps, sous l'habile vocable de "politesse".

Si les mots n'ont pas un sens unanimement connu et compris, l'art du discours et de la persuasion devient l'apanage des plus habiles manipulateurs auxquels échoit tout naturellement le pouvoir sur la vie et sur le sort de tous.
Qui néglige l'apprentissage du vocabulaire et de l'orthographe offre sa vie, son existence, en pâture aux plus vils bonimenteurs.

Si tant d'hommes achètent le corps des femmes, ce ne peut être que parce qu'il est à vendre.

Si ton couple est un échec, tu es seul fautif. Soit pour avoir amené l'autre à s'éloigner de toi, soit pour l'avoir simplement mal choisi. Toi seul contrôle ta vie, ne t'égare pas dans la vaine recherche d'un bouc émissaire.

Si tu n'étais pas né, le monde ne serait pas différent de ce qu'il est. Seuls les grands politiques, l'élite scientifique et quelques artistes ou criminels échappent à cette leçon d'humilité.

Si tu penses avec tes émotions, tes sentiments et tes humeurs, viscéral tu es, primaire et animal tu restes.

Si tu veux être accepté du troupeau, ne t'en distingue surtout par aucune expertise ou singularité étrangère à la nature ou à l'entendement des autres.

Sous l'empire des sentiments, la confiance en autrui et en son propre jugement n'est qu'un égarement de l'esprit. Divorces et infortunes conjugales en attestent à suffisance.

Tolérance rime avec complaisance dès qu'on éprouve quelque sympathie secrète pour des vices qu'il y aurait lieu de condamner.

Tout ce qui précède l'apocalypse s'appelle le progrès.

Tout choix implique un renoncement qui porte en son sein les germes de la frustration et de la rancœur.

Un grand politique sait toujours intriguer pour se trouver au bon endroit, au bon moment. Mais en démocratie, il lui faut en plus s'abaisser à se rendre populaire.

Un moral en berne est le ventre fécond de l'aigreur haineuse.

Une opinion qui n'est pas le fruit d'une réflexion ne mérite pas d'être énoncée et moins encore d'être entendue.

Vos propos n'ont pas le moindre crédit tant que vos actes ne s'y conforment pas.


© Bernard Willems-Diriken, dit Romain Guilleaumes .