Salmigondis
Aphorismes,
maximes et pensées.
.©
2009 Romain Guilleaumes. Tous droits réservés.
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A de notables exceptions invérifiées
près, il n'est pas de couple vieux de quelques années qui n'abrite au
moins un cocu. Si ce n'est l'autre, c'est donc toi...
◊
A force d'être seul, on finit
libre. Désespérément libre.
◊
A quelques très rares exceptions près,
il n'y a que les imbéciles et les ignorants pour ne jamais douter d'eux,
et ça leur réussit ma foi fort bien.
◊
Arrogant, l'homme qui ne peut
concevoir un ordre naturel supérieur à sa volonté, reconnaître une sorte
de conscience ou un instinct de survie à la nature, n'a pas encore
trouvé de mot plus acceptable que "Dieu" pour désigner ce qui dépasse
son entendement, ce qui trahit l'immensité de son ignorance.
◊
Athéisme et théisme sont également des
actes de foi personnels, dépourvus de pertinence scientifique.
◊
Au premier souffle d'air, la braise
discrète réchauffe à son feu lorsque la flamboyante flamme nue s'éteint.
◊
Beaucoup d'hommes ne progressent dans
la vie que par la rencontre d'une femme qui les convainc de partager et
de réaliser ses propres rêves.
◊
Bien que vieillissant, il vous reste
de vrais amis ? C'est que vous n'avez pas dû faire grand-chose de bien
ou de mal pour qu'ils ne soient devenus ni envieux, ni dédaigneux.
◊
C'est sous la glace apparente que
sommeillent les plus torrides volcans, que brûlent les plus fascinants
feux, que palpite la plus chaude lave, que l'on découvre ces enivrantes
passions qui marquent la vie comme nulle autre.
◊
Ce garçon a tendance à tout
dramatiser, il cultive le sens de l'exagération, prétend contribuer à
transmettre le savoir qu'il ne possède pas et s'enorgueillit de son
esprit de contradiction. Pour peu qu'il soit servi par un zeste de
talent, une aura médiatique et beaucoup de chance, on en fera un auteur
ou un journaliste, peut-être brillant. Sinon, il passera toute sa vie
pour un moins que rien.
◊
Ce garçon est envieux, jaloux, râleur,
mesquin, étroit d'esprit, protestataire et revendicatif, ce qui le
destine idéalement à une carrière de petit fonctionnaire aigri et sans
envergure.
◊
Ce qu'on lit en diagonale, on le
comprend de travers.
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Ce qui m'ennuie n'est pas ce que tu
penses, et qui diffère tant de mes propres valeurs, mais le jugement et
la condamnation d'autrui, le dédain et le mépris qui en découlent.
◊
Celui qui n'a pas d'argent est
simplement pauvre, mais celui qui n'a connu ni l'amour ni la passion est
inaccompli.
◊
Celui qui pense de travers, c'est
celui dont la pensée ne rencontre pas nos sentiments.
◊
Chambres d'échos des gardiens du
système et de la communication commerciale, devenus artisans du
conditionnement des masses, les journalistes ne sont plus guère
aujourd'hui que des vulgarisateurs - parfois habiles ou talentueux - de
communiqués de presse.
◊
Charité bien ordonnée commence par
soi-même, ainsi nous commençons par nous admirer nous-mêmes mais
beaucoup n'aiment finalement jamais personne d'autre.
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Cohérence et dignité réclament des
gens qui ne jurent que par le pays de leurs aïeux qu'ils y restent ou
qu'ils y retournent.
◊
Combien de gens ne soignent-ils leur
apparence que pour mieux dissimuler la noirceur de leur âme, le chaos
intérieur qui les anime ?
◊
Croire savoir et croire comprendre
sont les professions de foi de l'ignorance, seule religion universelle
et intemporelle.
◊
Dans l'idéal, le rôle de la justice
devrait se borner à confondre les coupables et à disculper les innocents
avec sûreté. Seulement alors, pour une peine proportionnée, la loi du
talion serait la plus équitable entre toutes.
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Dans la nature, ce qui est beau,
chatoyant et clinquant est souvent vénéneux. L'espèce humaine ne déroge
pas à la règle.
◊
En démocratie, grands cœurs et petits
esprits sont les fléaux qui légitiment la démagogie et le populisme,
répugnants parasites d'un fruit qui eut pu être si délicieux.
◊
En démocratie, la somme des minorités
peut faire une courte majorité très acceptable dès qu'on mobilise les
médias à grands coups de millions et d'émotions.
◊
En dictature, les intellectuels sont
réduits au silence par le pouvoir ; en démocratie, ce sont les ignorants
et les commerçants qui monopolisent les espaces de communication.
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En règle générale, le pessimiste est
tout simplement mieux informé que l'optimiste.
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Espoir, maudit espoir qui fait prendre
des vessies pour des lanternes, qui fait endurer chaque jour au nom
d'une promesse de meilleurs lendemains qu'aucune raison ne confirme
pourtant.
◊
Exercer une profession intellectuelle
ne fait pas de nous des intellectuels ; organiser et penser un processus
industriel ou commercial ne nous qualifie pas pour la réflexion et
l'abstraction philosophiques.
◊
Face au développement frénétique de la
société matérialiste, les optimistes parlent de progrès, les pessimistes
de décadence et les réalistes d'évolution artificielle. Les premiers
s'enrichissent, les seconds sont frustrés et les troisièmes blasés.
◊
Fille de l'assurance, l'audace est
mère de quelques échecs et de toutes les réussites.
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Il est aussi faux qu'audacieux de
prétendre qu'on aime "les gens". Au mieux, on respecte chaque individu
et on n'en aime que quelques uns. Et encore...
◊
Il est plus facile de critiquer un
homme que de débattre de ses idées, cela réclame moins d'efforts et
n'exige aucune compétence.
◊
Il y a les politiciens qui copinent
avec les industriels et ceux qui préfèrent les financiers. Les uns sont
porteurs d'emplois et contribuent à l'essor général, les autres assurent
des profits à quelques particuliers.
◊
J'ai beau me raisonner, j'ai beau
faire, je ne peux éprouver que du mépris pour les femmes qui acceptent
d'être trompées pourvu qu'elles aient de beaux enfants et qu'elles
reçoivent des garanties de confort et d'honorabilité sociale.
Quant à celles qui trompent un brave type tant qu'il a du fric et le
quittent pour un autre dès qu'il n'en a plus, elles me répugnent.
Je ne vois là, pour les unes et les autres, que des variantes honteuses
et hypocrites de la prostitution.
◊
J'ai longtemps voulu croire en
l'Homme, puis j'ai compris qu'il est autant la vermine de la Terre que
de l'Univers, que l'Antéchrist est sans doute l'humanité dans sa
globalité et que le Christ ne fut qu'une naïve et timide tentative de la
raisonner.
◊
J'ai peine à comprendre que l'on
puisse passer le plus clair de son temps loin de ceux que l'on dit
aimer. Travail, argent, loisirs, devoir, qu'ont-ils donc qui pèse plus
lourd que le besoin de vivre et de dire son amour à chaque instant, de
profiter de ces rares privilèges dont la vie nous privera toujours trop
tôt ?
◊
J'aime les femmes, précieuses et
rares, qui sont honnêtes et sincères lorsqu'elles soutiennent préférer
l'amour à l'argent.
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"Je râle, donc je suis" est la devise
des petits esprits qui croient ainsi démontrer qu'ils pensent.
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L'amour des hommes contient toujours
une promesse de haine. Toute amélioration de son statut l'amène
immanquablement à immoler ses amis d'infortune, devenus gênants témoins
d'un temps révolu dont le souvenir est porteur de gêne, de honte ou de
souffrance.
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L'art de l'insouciance est l'unique
talent que requiert une vie heureuse.
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L'enseignement produit surtout des
individus qui se croient instruits et cultivés lorsqu'ils ne sont que
conditionnés et endoctrinés.
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L'être humain n'aime pas la liberté,
il la redoute et lui préfère un joug qui semble lui garantir un moindre
mal ou une apparente économie d'efforts. Libérez-le du diktat de son
employeur, il proteste ; libérerez-le de l'emprise de son conjoint, il
pleurniche ; offrez-lui la liberté de pensée et il se range derrière des
personnages charismatiques ou fait siennes des idées entendues ailleurs
et vaguement comprises.
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L'hésitation est l'éclair de
l'intelligence et le bourreau de la réussite. Le malin connaîtra le
succès en conformant son esprit à l'ordre des choses en vigueur, à ses
priorités, à sa logique et à ses valeurs, sans autre forme de réflexion.
◊
L'homme déconsidère généralement tout
sens moral qui ne satisfait pas ses intérêts ou ne contribue pas à
l'optimisation de ses profits.
◊
L'Homme est le seul animal capable de
détruire sciemment son habitat, d'hypothéquer son avenir et sa
subsistance, au seul nom de ses plaisirs et confort immédiats. C'est
sans doute au titre de ce talent unique qu'il s'est lui-même placé au
sommet de la pyramide des espèces...
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L'Homme est un simple élément,
constitutif mais non nécessaire, de la Nature et en aucun cas son
maître.
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L'Homme est-il une erreur de Dieu ou
une erreur de la Nature ?
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L'Homme ne pourra s'enorgueillir de son intelligence que le jour où il
s'affranchira, sans concession, de tout ce qui nie et de tout ce qui
nuit à son libre arbitre, des idéologies et religions jusqu'au veau d'or
et à la société de consommation, la plus subtile et perverse des
servitudes.
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L'homo consommatus est un
animal dépensant, c'est-à-dire qui cesse de penser.
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L'humanité est-elle le chef-d'œuvre ou
l'erreur fatale de la Nature ?
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L'insouciance n'a jamais habité un
être intelligent, à moins qu'il soit corrompu par l'amour.
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L'obligation de vivre en société n'est
supportable que si l'on se dérobe à l'obligation de plaire toujours et à
tous.
◊
L'obligation faite à chaque être
humain de gagner sa vie n'est ni le plus court, ni le plus évident
chemin vers la liberté, pourtant promise à chaque animal.
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Là où il ya des femmes subsistent
quelques vestiges d'humanité, noblement vêtus de compassion.
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La complaisance des pères avait toléré
l'émergence du nazisme, celle des fils encourage la propagation de
l'islam ; j'en pleure avec toi, mon pauvre David...
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La démocratie capitaliste, qui produit
richesse et confort au bénéfice du plus grand nombre, a introduit un
hiatus dans l'évolution, corrompu la sélection naturelle en permettant
la survie et la reproduction des plus faibles et des moins aptes. C'est
à mettre à son crédit ! A moins, bien sûr, qu'on estime que la
surpopulation, l'épuisement des richesses naturelles et la
destruction de la planète soient des objections pertinentes, plus que de
vulgaires détails...
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La liberté est un plus lourd fardeau
que la servitude. Les animaux supérieurs le pressentent par instinct et
s'organisent dès lors en société.
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La litote librement retirée, Saint-Ex.
avait raison : on a tous besoin d'un plus minable que soi. Pour
beaucoup, c'est d'ailleurs l'unique ressort de l'amitié.
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La morale est le dernier rempart de la
vertu. Tout ce qui vise à la nier, à lui nuire, ne sert finalement que
le vice, la tromperie, le faux et le mal.
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La musique, qui ne se limite jamais
aux seules oreilles désireuses de l'écouter, est une constante injure à
cette liberté des uns que l'on dit s'arrêter où commence celle des
autres.
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La Nature - parfois appelée "Dieu" -
ignore le bien et le mal, elle se contente de récompenser ce qui
fonctionne et de sanctionner ce qui ne fonctionne pas. Le bien et le mal
sont des notions humaines, éminemment volatiles, dont la ligne de
démarcation varie selon les époques, les lieux, et même selon les
individus.
◊
La plupart des gens qui vous parlent
de culture ont le projet de vous faire admirer celle d'autrui et renier
la vôtre.
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La réponse monosyllabique catégorique
à une question complexe est le révélateur universel de l'imbécilité.
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La seule droite que je respecte n'est
pas celle qui ne jure que par l'omnipotence du fric et du profit, mais
celle qui veut encore croire en des valeurs éminemment humaines -
malmenées de toutes parts -, comme l'honneur, l'honnêteté, la décence, la
vertu et la dignité. Une droite qui promeut l'ordre moral bénéfique à
chacun et non l'ordre économique qui ne voit dans les êtres que
l'aliment nécessaire à sa croissance ou à sa pérennité.
Quant à la gauche, elle ne conteste le profit que lorsqu'elle n'en
bénéficie pas et ne revendique, en fin de compte, que le droit à
l'avidité et à la cupidité pour le plus grand nombre, conformant ainsi
les masses à l'ordre économique voulu par la droite.
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Laisser le peuple s'adresser à
lui-même est le plus sûr moyen d'accréditer durablement les plus sottes
pensées.
◊
Le bonheur par la consommation est
l'illusoire devise d'influençables esprits simples et l'opportune
conviction des publicitaires et des commerçants.
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Le coup de foudre, c'est lorsque tous
les espoirs déçus reprennent ardeur au hasard d'un premier regard.
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Le couple meurt lorsque l'enfant
paraît.
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Le despote et l'anarchiste ont en
commun de ne tolérer qu'une seule autorité, la leur.
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Le doute est l'aphrodisiaque de
l'intelligence et le poison du cœur.
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Le droit des gens
doit l'emporter sur le droit des entreprises, mais les
intérêts particuliers doivent s'effacer devant l'intérêt
général.
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Le principal moteur de l'ambition des
hommes est la cupidité des femmes.
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Le snobisme est l'inconvenante et
commune vulgarité des parvenus, nouveaux riches sans noblesse, ni de
cœur ni de sang.
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Les animaux ne vivent que par leurs
sentiments, leurs émotions et leurs instincts. L'humain qui ne se
comporte pas différemment ne s'en distingue en rien.
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Les complices d'un système en sont les
premiers esclaves.
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Les destinées ne se rencontrent, hélas
!, que le temps d'un carrefour.
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Les effets d'annonce nuisent presque
toujours à la réalisation de nos projets. Un peu comme si dire les
choses nous dispensait inconsciemment de les entreprendre, a fortiori de
les mener à bien.
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Les faibles et les fragiles ont autant
le droit de vivre décemment, par la seule grâce de leur naissance, que
les forts et les malins. Hors de ce principe, se perpétue la sélection
naturelle qui exclut jusqu'à l'idée de civilisation.
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Les faux cons sont des ignorants curieux
de tout, les vrais cons sont des gens instruits curieux de rien.
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Les femmes sont nostalgiques de leur
enfance, les hommes de leur adolescence ; ainsi les unes revivent-elles
à travers leurs enfants, les autres auprès de jeunes maîtresses.
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Les jeunes gens empressés de se faire
valoir sont aussi pédants au-dehors qu'ignorants au-dedans.
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Les papas qui trop aiment jouer à la
poupée avec leur petit garçon risquent de le voir un jour préférer
l'arrière-train masculin à l'écrin féminin.
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Les petites gens aiment critiquer les
hommes de pouvoir car ça leur donne l'illusion d'être capables d'en
exercer les fonctions.
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Les procès d'intentions et la mauvaise
foi trahissent plus d'une mauvaise conscience.
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Les rencontres improbables réunissent
deux êtres qui se reconnaissent instinctivement dans ce qu'ils ont de
plus vrai, de plus intime, leur identité profonde, par-delà de volatiles
apparences qui ne les opposent qu'en superficie.
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Les vraies questions, les seules qui
confrontent l'homme à son essence et au sens de sa vie, saturées de
candeur et de naïveté souvent juvéniles, ne sont jamais posées que par
les adolescents. Les enfants s'en désintéressent et les adultes s'en
détournent avec mépris, dédain ou arrogance, las de ces ignorances
stériles qui pourraient ébranler leurs certitudes rassurantes et
confortables, péniblement acquises.
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Lorsque l'art d'un artiste devient son
métier, ils ne sont plus l'un et l'autre que commerce et comptable
◊
Lorsque l'on pose un acte qui engage
des responsabilités, le moindre des choses serait de les assumer.
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Me rendre chez des gens qui ont des
enfants me permet d'apprécier mon bonheur de ne pas en avoir.
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Mieux que la découverte de l'inconnu,
c'est la fuite de lieux où l'on ne fait plus illusion qui motive plus
d'un élan nomade ou migratoire.
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Nul n'a le droit de prohiber quelle
qu'opinion que ce soit, pourvu qu'elle ne mette pas en péril la vie
d'autrui.
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On ne hait bien que ce qu'on a trop
aimé.
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On ne sauve pas la vie de quelqu'un,
on la prolonge seulement, à tort ou à raison.
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On s'éloigne de quelqu'un lorsque sa
part d'ombre occulte la lumière qu'il dégage pourtant.
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Petite leçon de préséance.
La société est le produit de l'homme et l'homme celui de la nature. Il
n'est pas de croyance plus fausse que la sujétion universelle à la
société des hommes.
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Polluer moins, c'est polluer encore et
toujours trop, quel qu'en soit le prétexte s'il échappe aux lois et aux
besoins de la nature.
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Pour ceux dont la vie se résume à
quérir des honneurs, seule la fonction fait l'homme et ils ne sont donc
personne au-delà de ce qu'ils paraissent.
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Pour séduire le peuple il faut lui
mentir, et pour le bien gouverner il faut lui mentir encore, telle est
sa volonté. Si les choses tournent mal, il lui sera alors aisé de
protester de sa bonne foi et de critiquer sans gêne, sans honte et sans
rougir.
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Plus on pense à la somme vertigineuse
de coïncidences favorables qu'il a fallu pour aboutir à ce monde tel
qu'il est, plus on se dit que le hasard a bon dos.
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Qu'est-ce le bonheur, sinon aimer la
vie tout en aimant ceux qui nous aiment ?
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Qu'est-ce qu'un imbécile heureux ? Un
pléonasme, forcément.
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Quand l'ignorance s'exprime, elle
passe toujours pour de l'imbécilité.
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Quand on aime vraiment quelqu'un,
c'est-à-dire plus que soi, on ne peut qu'être incapable de le
tromper. Ceux qui ne comprennent pas cela n'ont jamais aimé.
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Quand on vieillit, c'est fou le temps
que l'on passe "entre deux âges".
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Quand un philosophe croit rencontrer
Dieu, c'est toujours là où il entendait démontrer son inexistence et
l'omnipotence de l'Homme.
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Qui louange vos émotions ne
s'intéresse, en fait, qu'à votre argent, votre voix ou votre corps. De
vos sentiments, il se moque et tire seulement profit.
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Réduire les rapports entre les gens à
des questions d'argent, voilà tout l'objet du commerce et de l'économie
de marché.
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S'il est aisé de se croire quelque
talent littéraire tant qu'on n'a pas lu Hugo, persévérer sans complexes
sitôt fait ne démontre que l'empire d'une bêtise arrogante.
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S'il faut renoncer à défendre et
promouvoir sa propre identité culturelle pour mieux s'ouvrir et
s'imprégner de celle d'autrui, que les immigrés commencent !
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Savoir son ignorance est la plus noble
des connaissances.
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Si laisser libre cours à des opinions
dangereuses peut fragiliser la démocratie, borner la liberté
d'expression aux seules idées compatibles avec l'ordre établi, c'est la
nier, avouer sa faillite et s'en arranger.
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Si le devoir essentiel de chaque homme
est d'être agréable aux autres, il ne nous reste plus qu'à ériger
l'hypocrisie, le mensonge, la flatterie et la fausseté en vertus
cardinales. Mais peut-être est-ce fait depuis longtemps, sous l'habile
vocable de "politesse".
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Si les mots n'ont pas un sens
unanimement connu et compris, l'art du discours et de la persuasion
devient l'apanage des plus habiles manipulateurs auxquels échoit tout
naturellement le pouvoir sur la vie et sur le sort de tous.
Qui néglige l'apprentissage du vocabulaire et de l'orthographe offre sa
vie, son existence, en pâture aux plus vils bonimenteurs.
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Si tant d'hommes achètent le corps des
femmes, ce ne peut être que parce qu'il est à vendre.
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Si ton couple est un échec, tu es seul
fautif. Soit pour avoir amené l'autre à s'éloigner de toi, soit pour
l'avoir simplement mal choisi. Toi seul contrôle ta vie, ne t'égare pas
dans la vaine recherche d'un bouc émissaire.
◊
Si tu n'étais pas né, le monde ne
serait pas différent de ce qu'il est. Seuls les grands politiques,
l'élite scientifique et quelques artistes ou criminels échappent à cette leçon
d'humilité.
◊
Si tu penses avec tes émotions, tes
sentiments et tes humeurs, viscéral tu es, primaire et animal tu restes.
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Si tu veux être accepté du troupeau,
ne t'en distingue surtout par aucune expertise ou singularité étrangère
à la nature ou à l'entendement des autres.
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Sous l'empire des sentiments, la
confiance en autrui et en son propre jugement n'est qu'un égarement de
l'esprit. Divorces et infortunes conjugales en attestent à suffisance.
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Tolérance rime avec complaisance dès
qu'on éprouve quelque sympathie secrète pour des vices qu'il y aurait
lieu de condamner.
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Tout ce qui précède l'apocalypse
s'appelle le progrès.
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Tout choix implique un renoncement qui
porte en son sein les germes de la frustration et de la rancœur.
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Un grand politique sait toujours
intriguer pour se trouver au bon endroit, au bon moment. Mais en
démocratie, il lui faut en plus s'abaisser à se rendre populaire.
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Un moral en berne est le ventre fécond
de l'aigreur haineuse.
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Une opinion qui n'est pas le fruit
d'une réflexion ne mérite pas d'être énoncée et moins encore d'être
entendue.
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Vos propos n'ont pas le moindre crédit
tant que vos actes ne s'y conforment pas.
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