Reliefs & Digestifs
Aphorismes,
pensées et sentences.
Reliefs d'un repas de vie qui se termine et digestifs pour
faire passer le reste.
Ce que je n'ai pas encore dit et ce que j'aime tant
ressasser, encore et encore, redondant mais différent,
quelquefois mieux formulé.
.©
2010 Romain Guilleaumes. Tous droits réservés.
Contexte
◊
"Croire
savoir" et "croire comprendre" fondent la plupart des
erreurs de l'humanité.
◊
A ma naissance, je fus déclaré
mort. Seule, l'obstination d'un médecin permit de me ramener
à la vie.
Si je n'ai, bien entendu, aucun souvenir de ces instants qui m'ont ouvert
les portes de l'au-delà ou du néant, peut-être une part de
mon être garde-t-elle confusément la nostalgie d'un monde
plus accueillant, par-delà la vie.
Tout au long de mon existence, je fus fasciné par la mort et son chapelet
de questions sans réponses, mû tant par l'attirance que par
la répulsion. Peut-être simplement habité par un combat
permanent entre un conscient ignorant de l'envers du décor
et un inconscient impatient de le retrouver.
◊
Acharnée,
la vie creuse plus de cicatrices au cœur que de rides au
front.
◊
Altruiste, j'aime
l'autre pour lui-même ; égoïste, j'aime l'autre pour ce
qu'il m'apporte.
◊
Après des
semaines et des mois d'hésitation, il suffit d'une seconde
de détermination, d'une fraction de seconde de courage, pour
qu'à l'intention macabre succède enfin l'acte libérateur.
◊
Arrogance et naïveté
obligent, les certitudes de la jeunesse sont plus erronées
que les aigreurs de
la vieillesse, amers fruits de l'expérience.
◊
Au contraire
des femmes qui leur trouvent souvent tant de charme, je n'ai
pas la moindre complaisance pour les hommes qui trompent
leur femme, qui trichent, qui mentent, qui dissimulent, qui
usent, qui abusent, et qui en revendiquent le droit au titre
de disposition naturelle ou de privilège lié à leur statut
social ou intellectuel.
◊
Aucune
religion - d'hier ou d'aujourd'hui, d'ici ou d'ailleurs - ne
peut survivre qui ne tend vers l'universalisation de son
message et de ses valeurs. Elle n'a d'autre choix que
convertir ou combattre qui s'en défie ou s'en détourne.
◊
Avec pour devise "Ni
obéir, ni soumettre", on ne va jamais loin dans la société
des hommes, sinon seul et en marge.
◊
C'est avoir tort que
d'avoir raison le premier.
◊
C'est dans son
miroir que, tôt ou tard, chacun découvre son enfer intime.
◊
C'est l'animal qui
fait l'homme puisque c'est de nos sens que naissent les
passions qui secouent notre raison et la tirent de sa
confortable et arrogante léthargie.
◊
C'est la
sérénité que je cherche dans la vie. Si je ne l'y trouve
pas, faudra bien chercher ailleurs...
◊
C'est le
tatouage qui nous a permis de marquer les bêtes, quelle que
soit leur espèce. Mais aux vaches et moutons, on a ajouté le piercing.
◊
Ce que l'Homme
espère de la mort, ce n'est pas Dieu mais la possible
perpétuation de l'esprit au-delà du corps. Cet espoir-là ne
fait pas vivre, il aide à mourir.
◊
Ce qui n'est
pas radical ne peut être souverain, Majesté.
◊
Celui dont l'orgueil
et la fierté ne tolèrent aucun échec, perd vite son esprit
d'entreprise.
◊
Celui dont
l'unique conviction lui enjoint d'entendre tous les vents,
sans jamais prendre parti, vaut moins qu'un ignorant.
◊
Celui qui estime que
faire le bonheur d'autrui mérite la récompense du
faire savoir est aussi médiocre et mesquin qu'égoïste.
◊
Ceux qui
vantent leur intelligence publiquement avouent ainsi en
manquer cruellement.
◊
Coma : grève
de la fin.
(Reliefs et
digestifs, mais tiré des recueils "D'Ironie en Sarcasmes"
et/ou "Dictionnaire singulier", non publiés)
◊
Correspondance :
simulacre de conversation qui permet de tenir un long
monologue sans risque d'être interrompu.
(Reliefs et
digestifs, mais tiré des recueils "D'Ironie en Sarcasmes"
et/ou "Dictionnaire singulier", non publiés)
◊
Critiquer ses
amis dans la sphère privée est un devoir, le faire sur la
place publique procède d'une nature foncièrement inamicale.
◊
Curiosité de la
physique, le globe tourne sous nos pieds sans que nous
bougions. Ainsi suis-je aujourd'hui en terre d'islam sans y
être né et sans jamais avoir quitté mon pays pour m'y
rendre...
◊
Dans toute
souffrance intime solide vient un moment où même le rêve et
l'espoir ne servent plus à rien.
◊
De trop
nombreuses femmes ne semblent avoir retenu qu'une seule
chose de l'égalité des sexes : qu'elles avaient désormais le
droit de se montrer aussi vulgaires que les hommes, sinon
plus.
◊
Depuis de
Gaulle - et dans une très moindre mesure, Mitterrand -, la
France n'a plus connu de dirigeant, plutôt des gestionnaires
plus ou moins imprégnés de leurs responsabilités de hauts
fonctionnaires.
◊
Dieu est
parfois l'unique espoir des gens qui ne sont pas assez naïfs
ou arrogants pour croire en l'Homme.
◊
Donnez un peu
de pouvoir à celui qui en est dépourvu et il en abusera.
◊
Eduquer un enfant dans l'adoration de l'argent, c'est le
condamner à devenir un employé servile, un meneur
d'hommes impitoyable, un margoulin, un escroc ou un voleur. Parfois le
tout en un...
◊
Elle m'éloigna
de l'orbite de ses sourires, à des années lumière des
faveurs de son cœur.
◊
En s'élevant,
en prenant de l'altitude, l'aigle rapetisse aux yeux de
l'insignifiant moineau bondissant, incapable du moindre vol
conquérant.
◊
En toute chose
humaine autre que politique et philosophie, il est bon que
le sentiment l'emporte sur la raison.
◊
Enfermé dans
l'oppressant cachot qu'est son désastre social, il attendait
résigné l'unique délivrance encore à sa portée, la peine
capitale.
◊
Est fragile et
n'est peut-être qu'apparence le couple qui tolère que
"je" l'emporte sur "nous".
◊
Est-il donc exagéré
de soutenir que si l'on sort des études sans comprendre
complètement ce qu'on lit - même si l'on maîtrise
exemplairement un métier -, c'est que l'enseignement à
gravement failli ?
◊
Fumer est un
excellent moyen de se tuer en y prenant plaisir.
L'à peine sevré qui déprime, par l'un et l'autre se
laisserait volontiers tenter.
◊
Généralement,
j'entends ce qui est dit et non ce que
l'on aurait voulu dire et qu'on n'a pas dit, ni ce que l'on
croit avoir dit en disant autre chose.
◊
Hippocrate pervertit
à ce point les esprits que les praticiens préfèrent le
criminel qui tient à la vie au philosophe qui en mesure
toute la vanité.
◊
Il est parfois
pertinent de se demander si l'amour ne serait pas qu'un
vulgaire négoce, un commerce sordide, mais habile et si
discret qu'on n'en prendrait pas toujours conscience. Un
troc, un échange d'avantages réciproques, d'intérêts bien
compris...
◊
Il est rare que nous
soyons disposés à entendre une vérité qui ne confirme pas
nos convictions ou nos croyances.
◊
Il est
toujours plus facile d'adapter ses idées à sa nature que de
conformer ses actes à ses principes.
◊
Il est très
difficile de croire en la vocation socialiste de ceux qui
malmènent leurs subalternes et réjouissent leur banquier.
◊
Il existe deux
sortes d'auteurs : les conteurs d'histoires et ceux qui ont
quelque chose à dire. Mais les seconds ne peuvent prétendre
au succès que s'ils appartiennent, aussi, à la caste
populaire des premiers.
◊
Il existe un abîme
de souffrance entre le mal qu'on n'a pas fait et celui qu'on
ne voulait pas faire. La conscience honnête ne s'en
embarrasse pas également.
◊
Il n'est d'effroyable dans la solitude que de découvrir que
personne n'a besoin de nous, que nous ne manquons déjà plus
ni à l'avenir, ni au présent, et que le passé ne nous
accorde une existence qu'à l'agrément de notre mémoire
subjective.
C'est alors, et seulement alors, que naît et croît l'impatience de voir
arriver l'instant ultime et libérateur. Déjà, l'on sait
qu'on ne manquera réellement à personne, qu'on n'a plus rien
à dire ou à faire qu'autrui attende, qui puisse enrichir son
être ou sa vie, plus rien à offrir et plus rien à recevoir
non plus.
Seule la Dame-à-la-Faux alimente encore notre curiosité, en jouant de son
retard, traînant paresseusement en chemin, prolongeant
inutilement notre supplice, si ce n'est pour son seul bon
plaisir.
Et pourtant, nous sommes prêts, plus et mieux qu'on puisse jamais l'être,
pour ce voyage qui nous libérera de tout bagage. Prêt pour
le vide, le silence éternel et infini, l'inconscience de ne
plus être, le néant absolu. On est prêt et on attend... Se
refusant encore à prendre l'initiative, malgré tout
convaincu qu'il y a peut-être un sens, une raison à ces
apparentes vanités que sont la vie et son inéluctable terme,
ou en tout cas un timing à respecter, un timing dont nous ne
sommes pas maîtres.
◊
Il n'y a de
grand peuple qu'à l'ombre d'un grand drame, comme il n'y a
de grand homme qu'à l'ombre d'un traumatisme personnel.
◊
Il n'y a que
l'administration publique qui permette d'atteindre très tôt
son niveau d'incompétence et de néanmoins accomplir une très
belle carrière dans la hiérarchie.
◊
Il ne suffit pas
d'être ignorant de sa bêtise pour connaître le bonheur,
regardez les envieux.
◊
Il y a des gens qui
disent faire couple avec quelqu'un qu'ils ne voient que pour
dormir...
◊
Il y a deux
sortes d'humains : ceux qui estiment que leur corps est un
outil au service de leur cerveau, et ceux qui pensent que
leur cerveau doit contribuer à satisfaire les exigences de
leur corps et de leurs sens.
◊
Il y a trop
d'enfants qui ne ressemblent pas du tout à leur père pour
croire que la nature de la femme est plus sage et plus
fidèle que celle de l'homme.
◊
J'ai détesté l'argent dès que j'ai compris que sa quête
pervertissait les gens jusque dans leurs sentiments.
◊
J'ai parfois
tellement peur de l'avenir que j'aimerais en être privé.
◊
J'ai retrouvé mon
sourire parmi ceux que tu m'as offerts.
Merci à la muse Sabine
◊
J'ai vu tant
de mes rêves s'écrouler que je me demande comment je
n'étouffe pas sous leurs décombres.
◊
J'entends dire
que lire, s'instruire et se cultiver, une fois adulte, c'est
ne rien faire. Etonnant, lorsqu'on sait que c'est pourtant
de là que l'homme tire tout ce qui le distingue de l'animal.
◊
Je n'ai jamais
nuit à quiconque qui ne m'ait d'abord fait quelque misère ; mais
alors mon mépris, ou ma haine et ma rage, n'ont plus connu ni mesure,
ni répit.
◊
Je suis arrivé
à un âge où l'on vous casse les oreilles avec tout ce qu'il
faut arrêter afin de vivre vieux plus longtemps.
◊
Jeune fille,
douce et naïve, ne te laisse pas éblouir par l'homme trop
sûr de lui et frimeur, attaché aux choses et jouets qui le
distinguent, car il ne verra en toi qu'un trophée parmi tant
d'autres. Il te trompera, te remplacera, ou l'un puis
l'autre.
◊
L'amour est
l'unique espoir pour l'homme de trouver mieux que lui-même,
un idéal qui peut le réconcilier avec l'existence.
◊
L'amour est
rare et précieux pour celui qui en connaît la valeur,
courant pour celui qui prend ce qui passe en attendant
mieux...
◊
L'athéisme a aussi
ses fanatiques, intégristes et dogmatiques, particulièrement dangereux puisqu'ils
officient dans les médias et dans les universités, là où l'on façonne la
pensée du peuple et de ses élites.
◊
L'esprit de
conformité répond au principe des vases communicants. Ainsi,
celui qui épouse corps et âme l'ordre socio-économique, au
point d'en devenir un incorruptible parangon, revendique
généralement le droit de se soustraire à l'ordre moral qu'il
méprise. Et la réciproque se constate tout autant.
◊
L'homme de confiance
croule sous les questions et non sous les réponses qu'il
avance parfois avec conviction mais toujours au
conditionnel.
◊
L'homme n'est
sociable que par crainte des tourments de la solitude.
◊
L'homme qui ne
place pas sa femme en tête de liste de ses passions et
priorités reste un cœur à prendre.
◊
L'homme qui se
révèle capable de préférer la solitude aux histoires de sexe
et aux affections de façade, cet homme-là est enfin mûr pour
l'amour.
Merci à la muse Sabine
◊
L'homo sapiens
sapiens, redevenu primitif, ne se reconnaît plus qu'un seul
maître, l'argent, et deux vocations, sa quête et sa dépense.
Esclave de sa propre créature, il s'obstine pourtant à se
croire supérieur à toute autre vie animale...
◊
L'humain de
qualité est animé par la tendresse du sentiment et par la
fermeté de l'opinion. Par l'un il respecte les gens, par
l'autre il crée le débat qui fait évoluer le groupe.
◊
L'humanisme n'est ni
plus ni moins que du racisme d'espèces ; un racisme
tolérable et même encouragé, comme le fut l'autre jusqu'au
dernier tiers du vingtième siècle.
◊
L'idiot répute comme
fausses les vérités qu'il ignore et rit grossièrement de qui
les professe.
◊
L'imbécile
voit un chaos d'erreurs et de fautes là où ne règne que son
ignorance.
◊
L'obscurantisme interdit que soit cru autre chose que ce
qu'il estime digne d'être su. Il règne en maître absolu sur
toutes les sociétés humaines, jusqu'aux plus libérales, car
toutes sont mues par leurs partis pris fondateurs et par les
mythes qui garantissent leur cohésion sociale.
◊
La bêtise, ça ne vole jamais très haut ; voilà sans doute
pourquoi elle s'empare si souvent des petites gens.
◊
La bêtise est
toujours prompte à s'admirer.
◊
La conquête du
monde et l'influence durable, ce que Jules César avait raté
avec ses légions, les Italiens l'ont réussit par
l'immigration pacifique. Fins observateurs inspirés, les
Arabes et musulmans l'ont très bien compris...
◊
La lobotomie
est l'opération par laquelle chacun peut accéder au bonheur.
◊
La maturité est
cette dignité que l'on acquiert en faisant siens les partis
pris d'un ensemble social que l'on intègre.
◊
La méritocratie est
un abus de langage destiné à donner bonne conscience à
ceux dont la position s'accompagne de nombreux privilèges
peu justifiables. Nul instrument ne permet de mesurer et de
distinguer objectivement le mérite de l'ouvrier de
l'industrie lourde - qui inhale quotidiennement poisons et
germes toxiques qui le tueront avant la retraite - du cadre
commercial qui négocie ses contrats aux tables de
restaurants huppés ou à force de réjouissances et libations
diverses.
◊
La mort d'un proche
est toujours une leçon de vie qui nous enseigne, ou nous
rappelle, que chaque individu qui nous touche est un
précieux joyau qu'il nous faut chérir tant qu'il est là,
quoi qu'il fasse, quoi qu'il soit, quoi qu'il ait.
◊
La
particratie démontre la bouffonnerie consternante du
parlementarisme.
Personne n'écoute les élus de l'opposition
et ceux de la majorité n'ont d'autre droit que de se taire
et soutenir le gouvernement, vaille que vaille.
Tous se muent en presse-boutons obséquieux, dépourvus de
conscience propre, entièrement soumis à la discipline de
vote de leur parti et de sa poignée de dirigeants.
Les acariens qui font vivre meubles et tissus des assemblées
qui les abritent sont encore plus utiles qu'eux...
◊
La politique,
de tous les bords et pas seulement aux extrêmes, ne consiste
jamais qu'à désigner deux ou trois boucs émissaires à la
vindicte populaire et à capitaliser sur leur diabolisation.
◊
La science
n'est à la connaissance que la photographie d'un instant
fugace, celui de l'état présent du savoir.
Véritable art de
l'éphémère, une science est toujours en danger d'être
contestée, corrigée, niée ou désavouée par de nouvelles découvertes. Figée, elle ne serait plus science mais doctrine.
◊
La solitude, c'est quand personne n'a besoin de toi ; la
mort, c'est quand tout le monde parvient finalement, malgré
les pleurs et les promesses des premiers émois pourtant
sincères, à se passer de toi.
Si pour l'une on respire encore, il n'en est simplement plus rien pour
l'autre. Mais la solitude ne peut être un entraînement à la
mort que si l'esprit survit au corps.
S'il n'en est rien, quel beau gâchis
qu'une vie solitaire... quel beau gâchis que la vie tout
court, s'il n'est rien à emporter de soi pour un ailleurs à
éprouver, où se continuer, s'améliorer, se magnifier,
croître et embellir sans repartir de zéro.
◊
La vérité est unique
mais sa perception varie selon l'angle et la lumière.
◊
La vérité
qu'on nous révèle paraît toujours plus suspecte que l'erreur
qu'on nous a enseignée.
◊
La vie est d'abord une affaire de cœur, la mort aussi.
◊
La vie est tellement
triste qu'on ne peut qu'en mourir.
(Reliefs et
digestifs, mais tiré des recueils "D'Ironie en Sarcasmes" ou
"Dictionnaire singulier", non publiés)
◊
La vie d'un
homme sans descendance s'arrête le jour il perd sa mère ;
ensuite, il ne fait que lui survivre.
◊
Le cœur d'un homme
au regard sombre est un cœur qui pleure en silence.
◊
Le démagogue
te dit que tu as tous les droits et d'abord celui de
revendiquer toujours et partout, mais il occulte tes devoirs
; le populiste soutient que tes malheurs ne peuvent venir
que des autres, ceux-là mêmes qu'il désigne à ton ire.
◊
Le
fonctionnaire est une énigme de la biologie : comment
peut-il y avoir tant de bêtise dans si peu de matière grise
?
◊
Le malin se
sert, utilise et manipule ce qui existe afin de satisfaire
ses intérêts ou d'atteindre ses objectifs ; l'intelligent
décrypte le complexe, interroge et s'interroge afin
d'éclairer l'obscur, d'innover ou d'inventer.
◊
Le meilleur moyen de ne pas tromper ou trahir consiste à ne
pas s'engager à la légère.
◊
Le néo-libéralisme
considère que l'individu ne mérite d'autre destin que de
servir les intérêts d'un système omnipotent. Le socialisme,
quand il ne jure que par le pouvoir d'achat et
prône le bonheur
par la consommation, ne s'en distingue en rien.
◊
Le nostalgique
ne savoure le présent qu'au passé, lorsqu'il a cessé
d'être éphémère.
◊
Le peuple est
partout et de tous temps pareil : il exige la liberté de
faire ce que bon lui semble, sans entraves, mais il
incrimine et charge l'autorité ou l'Etat des conséquences
néfastes de ses actes.
◊
Le plus
souvent, la
musique qui ne sert aucun texte n'est à mes oreilles que du
bruit dont les sons oscillent entre vaguement et franchement
dysharmonieux.
◊
Le premier
couple d'une vie d'adulte est rarement le dernier.
◊
Le premier pas de la
philosophie consiste à
penser l'homme indépendamment des systèmes qui
l'asservissent, dont il fut l'initiateur avant d'en perdre
le contrôle.
◊
Le raisonnement
populaire repose sur un axiome inaltérable : toute vérité
que la majorité n'admet pas se réfute au titre d'erreur.
◊
Le redresseur de
torts est un cœur délaissé par l'amour qui dissimule son
malheur intime sous une intransigeance et un rigorisme de
façade.
◊
Le suicidaire est un réaliste dont le jugement n'est plus
corrompu par l'espoir ou l'illusion.
◊
Les fossoyeurs
d'une nation, les fossoyeurs de la démocratie, les
fossoyeurs du droit des gens et promoteurs de privilèges
sont ceux qui estiment que la marche d'un pays doit être
dirigée par les intérêts économiques, par la volonté des
conseils d'administration, et non par les débats d'idées qui
magnifient l'humain.
◊
Les gens
intelligents et les imbéciles ont en commun de se croire
intelligents et de prendre les autres pour des imbéciles.
◊
Les livres sont des
oreilles à la langue bien pendue, les secrets n'y sont pas
en sécurité.
◊
Les yeux
pleins d'étoiles, éblouis par un merveilleux rayon de
soleil, je compris qu'une vie pouvait être fascinante dès
lors que la passion la guidait ou l'habitait.
◊
Libérée du
poids de ses illusions, la vie d'un homme ne tient qu'à un
fil, celui qui le relie à la société.
◊
Lorsque,
inlassablement, les événements qui dirigent votre vie
échappent à votre emprise, lorsqu'ils contrarient votre
volonté, vous bousculent et vous tourmentent, c'est
peut-être par la volonté d'une puissance supérieure et
mystérieuse qui souhaite vous amener à un certain endroit,
dans un certain état d'esprit, à un moment donné, afin que
vous y posiez les seuls actes capables d'assurer votre
renouveau...
◊
Lorsque de trop nombreux hommes d'Eglise tripotent plus
volontiers des petits garçons que des petites filles,
n'ayons pas peur des mots, nous sommes d'abord confrontés à
un problème d'homosexualité, le jeune âge des victimes ne
révélant que la lâcheté d'abuseurs pervers et hypocrites,
usant de leur autorité pour assouvir plus facilement leurs
pulsions particulières.
Si ces malades avaient été mariés, ils n'en seraient pas moins des
déviants sexuels.
D'ailleurs,
quels peuvent être l'équilibre sexuel et la santé mentale d'hommes désintéressés par
les attraits du corps féminin au point de faire vœu de
chasteté en leur jeune temps, au plus fort des
bouleversements hormonaux de la vie d'un homme ?
◊
Lorsque quelqu'un
s'obstine à nier une vérité pourtant démontrée, j'aime
penser qu'il est de mauvaise foi car il n'est d'autre option
que la bêtise.
◊
Méfiez-vous d'un
cœur qui souffre, il sera bientôt bourreau.
◊
Même insatisfaits,
les besoins d'un homme lui importent souvent moins que ses
désirs.
◊
Mes plaisirs
et mes joies sont faits de sentiments, d'émotions et
spirituels.
Je laisse la possession des choses et le souci du pouvoir
d'achat aux gens possessifs, égoïstes, égotistes et
égocentriques, esclaves de l'avoir et ignorants de l'être.
Avec moi, pas de voyages aux antipodes, pas de villa cossue,
ni de belle voiture ou moto dans le garage...
Seulement des mots, des regards, des gestes, des baisers et
des caresses.
◊
Misanthrope : rebelle aux autres puisque fidèle à soi !
◊
N'est pas
libre celui qui se laisse déposséder de 50% de son temps de
veille.
◊
Ne peut se donner
que celui qui s'appartient.
◊
Ne se croient
la vocation de servir que ceux qu'on éduque en ce sens.
◊
Ne vivent dans le
présent que ceux qui ne furent rien et ne seront bientôt
plus.
◊
Nos ennemis les plus
irréductibles et nuisibles sont en nous.
◊
On connaît
nombre de personnes simples, avides de connaissances, au
commerce bien plus agréable que celles, finalement
vulgaires, qui s'affirment intelligentes lorsqu'elles ne
sont qu'instruites, et imparfaitement.
◊
On est jeune
et con tant qu'on prend ses rêves pour des réalités et ses idées
reçues pour des vérités. Les deux sont associables, mais pas
forcément.
◊
On meurt toujours
plus ignorant que savant ; mille ans ne suffiraient pas pour
assimiler tout le savoir humain.
◊
On n'a jamais que la
société que méritent nos journalistes.
◊
On n'est jamais heureux qu'au prix de quelques illusions et
beaucoup d'ignorance.
◊
Ordre, rigueur
et discipline forment le terreau nourricier de la sécurité.
◊
Passer sa vie à
enrichir un cerveau destiné à mourir et à disparaître, c'est
le comble de l'absurde s'il n'y a personne à qui transmettre
le savoir acquis.
◊
Peu de gens associent spontanément l'exercice de leur
liberté au respect d'autrui.
◊
Pour assurer
et renforcer la cohésion sociale, les assuétudes collectives
sont imparables. Il n'en est pas aujourd'hui de plus
puissante que le lucratif marché des loisirs.
◊
Pour avoir la
précieuse sensation d'exister, bien des gens n'imaginent
d'autre chemin que se fondre dans le moule et la masse ;
ressembler à tout le monde et n'importe qui, en fait.
◊
Pour être un
bon agent de consommation, l'homme doit d'abord accepter de
n'être qu'un outil de production.
◊
Pour toute
matière précieuse, peu de gens distinguent aisément les
nombreux faussaires des trop rares orfèvres. L'amour n'y
fait pas exception.
◊
Puisque le
présent est déjà le passé de l'avenir, ceux qui nient la
valeur du passé nient déjà celle du présent.
◊
Qu'est-ce
qu'un libéral ? Quelqu'un qui a plus de fric que son voisin.
Qu'est-ce qu'un socialiste ? Quelqu'un qui veut avoir plus
de fric que son voisin.
◊
Qu'est-ce
qu'un littéraire pur jus peut bien faire dans un milieu de
scientifiques distingués, sinon passer pour un imbécile ?
◊
Quand
l'Histoire fait un procès, c'est toujours celui d'un vaincu
; aux vainqueurs, elle accorde ses éloges, son respect ou
son silence complice.
◊
Que seraient
les critiques sans leurs victimes ? Exactement et uniquement
ce que la nature les a faits : rien !
◊
Que te reste-t-il à
vivre ? Ce que tu as déjà vécu : un peu de bien, un peu de
moche, beaucoup de rien, et du temps qui passe...
◊
Qui sème le
doute, récolte la défiance et la colère.
◊
Réussir des
études n'est pas une question d'intelligence, mais de
travail, de méthode et de discipline.
◊
Rien de ce qui est
ne serait sans ce qui fut. Ignorer le passé condamne à
méconnaître le présent.
◊
Sans plus
d'amour à vivre, sans fortune ou manne céleste à espérer,
sans estime de soi digne d'entretien, demain n'est qu'un
supplice à endurer en silence à moins d'y renoncer.
◊
Se réaliser dans sa
vie professionnelle trahit d'abord un cruel défaut de vie
personnelle.
◊
Seul le
journaliste qui enrichit mon savoir et contribue à
l'évolution de mon raisonnement est digne de l'idée que je
me fais de son métier.
◊
Seuls les
privilèges d'autrui nous paraissent illégitimes. C'est là ce
qui nous rend si communs.
◊
Si l'Etat a
pour devoir de garantir le minimum existentiel à ses
citoyens, il ne lui appartient pas de subventionner des
entreprises déjà florissantes. Pourtant, tel est l'habituel
effet pervers des aides à l'emploi.
◊
Si le français est la langue de France ou des gens de
France, alors partout où il est pratiqué majoritairement
doit s'étendre le territoire de la France.
◊
Si les
enseignants ont éveillé mon attention et ma curiosité, s'ils
m'en ont fourni les armes et les outils, tout ce que j'ai
appris c'est l'expérience qui me l'a enseigné.
◊
Si nous avons
tous un passé et un présent, d'avenir gardons-nous d'en
préjuger.
◊
Si tu avais
trouvé l'amour, tu n'éprouverais pas le besoin de sortir et
de t'amuser avec d'autres que ton partenaire de cœur.
◊
Si vous n'êtes
pas vous, alors qui êtes-vous sinon personne ?
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Société,
entreprise et famille sont les trois systèmes coercitifs
dont l'homme croit son bonheur indissociable.
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Son aura
étoilait dans mon regard et rayonnait dans mon âme, la
faisant soleil de mes jours et de mes nuits.
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Souvent,
c'est lorsqu'on ne possède rien qu'on prône le plus
volontiers les vertus d'une vie de partage.
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Tant que la droite
et les fachos me disent gauchiste, que les gauchistes et
socialos me voient facho, tant que je heurte le sectarisme
des embrigadés, je peux être en paix avec ma conscience, ma
quête du vrai et du juste.
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Tes convictions ne
doivent de comptes qu'à ta conscience. Au contraire de ceux
de tes actes qui nuisent à autrui.
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Tout ce qui
distingue l'Homme de la bête se trouve dans sa tête, mais il
limite ses passions à cultiver son corps et satisfaire ses
sens.
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Tout métier
dont l'objet revient à nuire à autrui devrait frapper
d'infamie ceux qui l'exercent sans états d'âme.
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Toute aide
sociale doit bénéficier aux faibles, aux fragiles et aux
nécessiteux ; l'abus du système commence là où l'aide
profite à qui s'en passerait aisément pour vivre décemment.
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Très triste,
très malheureux, je ne crois plus en rien que ma misérable
existence puisse magnifier ou dont elle puisse un jour
s'enorgueillir sans forfanterie.
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Un amoureux ne pense
à l'objet de son cœur qu'une fois par jour, mais cela dure
vingt-quatre heures.
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Une
administration bête et méchante est toujours servie par des
fonctionnaires zélés, à l'esprit étriqué, incapables
d'ouverture d'esprit et donc d'intelligence.
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Une famille
recomposée, c'est d'abord deux familles décomposées. Il n'y
a là rien d'admirable ou de réjouissant.
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Une personne
de qualité ne vend pas ce qu'elle peut offrir.
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Une société
humaine restera animale tant qu'elle honorera les êtres
dominants et les dominés, les puissants et les fiers qui
rejettent les insoumis comme parasites. La civilisation
suppose une autre estime des êtres et de leur droit à la
vie, indistinctement.
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Une vie est
avant tout une chance offerte d'aimer sans retenue, à la
passion, et de s'épanouir à travers l'autre et son bonheur.
Merci à la muse Bircan
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Une vie est un
trésor qui ne dévoilera ses joyaux qu'à celui qui saura
l'aimer et la magnifier.
Merci à la muse Bircan
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Volatiles sont
les larmes ; pleureuse du jour, aux éclats rira demain.
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