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Faim de vie
Aphorismes, maximes et pensées.
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© 2008 Romain Guilleaumes. Tous droits réservés.

Armures et boucliers que nous impose la fragilité de l'être ne tombent et ne s'abaissent qu'aux merveilleux instants de grâce qu'offrent parfois l'amour et l'amitié.

Comme la menace de la disette engendre la gloutonnerie, on n'a jamais autant faim de vie que lorsque notre prochain départ nous est annoncé.

Croire en quelqu'un de tout son cœur, de toute son âme, donne un sens plus sûr à la vie que tous les rêves et toutes les espérances.

Est décadent celui qui privilégie ce qui le détruit en croyant accroître sa puissance ou son bien-être. Qu'est donc cette civilisation qui prospère en ruinant la planète qui l'abrite et la nourrit, sinon la parfaite illustration de la décadence ?

Frôler la mort aide à comprendre que seul l'amour justifie la vie.

Il est difficile d'admettre qu'un esprit alerte doive mourir avec le corps qui l'abrite.

Il y a plus de mérite à s'affranchir d'une dépendance que de n'avoir jamais succombé à la tentation.

L'amitié, comme l'amour, franchit des gouffres de différences mais sombre dans une ridule d'indifférence.

L'amour, et déjà sa promesse ou son esquisse, exalte la vie tant que sa poursuite obstinée illumine le cœur et le regard de l'être.

La mort n'est peut-être qu'un au revoir, tel est des hommes le plus fol espoir.

La naissance et la mort, deux instants qu'on ne choisit pas. Et dans l'intervalle, on s'imagine avoir son mot à dire.

La terreur peut se lire dans le regard de qui n'a pas d'amour pour lui tenir la main jusqu'au seuil de l'au-delà. Se rendre seul à ce rendez-vous le couvre d'effroi.

La vérité d'aujourd'hui est l'hérésie d'hier et la sottise de demain.

Laisse la mort à sa sinistre besogne et soucie-toi de ton plus bel ouvrage : ta vie.

Les convictions qui s'enracinent prennent des allures de vérités qui enchaînent l'esprit et le rapprochent de la bêtise.

Les mots qui font le plus souffrir sont ceux qu'on n'a pas pu dire. Pour moi, "papa" règne en maître sur ces maux-là.

Lorsque l'avenir devient improbable, rien ne sert plus de perdre aujourd'hui pour construire ce demain qui ne sera pas.

N'avoir rien ou n'être personne, quel échec est-il le plus supportable au terme d'une existence ?

Ne juge pas autrui à l'aune de tes propres valeurs, mais estime-le selon son intégrité et sa cohérence par rapport à celles qu'il professe.

Nul ne cerne réellement sa pensée que lorsque son esprit répond à un autre.

Omettre d'aimer, c'est corrompre la vie.

Qu'est-ce donc vivre pour personne, si l'on n'existe même plus pour ceux que nos souvenirs aiment encore ?

Qui n'a pas souffert les pleurs ne peut qu'ignorer du rire la valeur.

Si chaque langue traduit un même concept par un mot qui lui est propre, alors ce concept est inhérent à la nature humaine.

Si de jeunes générations, peut-être vos petits-enfants, cultivent avec émotion votre souvenir et votre enseignement, votre cœur et votre esprit survivront à votre corps, votre vie se poursuivra dans la leur.

Si rien ne peut être à l'origine de tout, le point de naissance de l'univers - qu'on le nomme nature, Dieu ou autre chose - se passe aisément des arrogantes et prétentieuses religions et philosophies humaines pour être en symbiose avec chaque atome et chaque être qui procède de sa volonté ou de son action.

Si tu ne devais accepter qu'un seul devoir, ce serait de jouir de ta vie, d'en tirer le meilleur parti, sans jamais nuire à quiconque.

Tout ce qui meurt avec l'individu n'a finalement que très peu d'importance.

Tout qui exerce son métier avec un minimum de compétence et de talent attend qu'autrui ait l'humilité d'admirer son orgueil.

Une vie ratée, c'est d'abord une succession de rendez-vous manqués.


© Bernard Willems-Diriken, dit Romain Guilleaumes .