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Diverses idées
Aphorismes, maximes, sentences et pensées.
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© 2007 Romain Guilleaumes. Tous droits réservés.

"Tu ne tueras point" contraint à l'impuissance un Dieu contrit d'avoir permis cet homme qui saccage le paradis terrestre.

A bien les observer, ce n'est pas dans l'entretien de leur liberté que les hommes trouvent le bonheur, mais dans leur capacité à s'insérer - d'abord - aux bas échelons d'une hiérarchie rigoureusement organisée.

A l'heure du choix, il n'est d'erreur inévitable que lorsque le cœur supplée la raison.

A force d'abuser de la liberté, on s'expose à n'en avoir plus que la nostalgie.

A vingt ans, le monde nous appartient. Mais on rate une marche, puis deux, puis trois, et l'on apprend l'humilité. Pour peu que l'on dégringole les escaliers, les années passent trop vite et l'on se révèle l'ombre, fuyante et pâle, de ce que l'on croyait incarner.

Accabler les élus, c'est accorder une étrange impunité aux électeurs.

Au contraire de la femme, l'homme blessé préfère inspirer la crainte que la pitié.

Au fil du temps, la beauté devient un calvaire pour les femmes superbes qu'on résume trop aisément à leurs courbes et à leurs charmes.

Bête. Tout animal dont la bêtise n'atteint pas celle de l'homme.

C'est dans le néant de la mort que se mesure l'empreinte d'une existence.

C'est normal que l'homme soit méchant. A peine est-il en ce monde qu'on lui fout une claque !

C'est quand on ne se pardonne plus rien qu'on en veut au monde entier.

C'est quand on perd les choses qu'on s'aperçoit qu'on pouvait s'en passer. Pour les gens, c'est le contraire.

Cabotin. Acteur médiocre qui a une haute opinion de lui-même. Synonyme parfait : politicien commun.

Ce que nous pensons naît plus souvent de nos épreuves que de nos réflexions.

Ce qui donne à la beauté son irrésistible charme, c'est l'indéfinissable touche d'humanité que lui procure la timidité.

Cimetière. Carrefour des sentiments où vont nos cœurs meurtris poser une fleur, adresser une pensée, quérir une protection, vivre une émotion.

Coercition est le premier mot d'ordre.

Dans tout combat - surtout la vie -, on est toujours vainqueur tant qu'on n'est pas vaincu.

Dans tout compliment se faufile une sollicitation de bienveillance.

Dans toute vie, le plus dur et permanent des combats consiste à s'accorder avec les autres sans se renier soi-même.

De l'aréole à l'auréole, il n'y a que le masochisme d'un ascète.

Destin. Résultat inattendu, positif ou négatif, d'actes et de choix consacrés à d'autres desseins. Ratage, quoi.

Dieu. Créateur de l'univers auquel on impute les torts de l'humanité et que l'on charge de satisfaire nos passions.

Discourir sur l'inexistence de Dieu, c'est faire beaucoup d'honneur au néant ou deviner son erreur.

Entre le passé et l'avenir, le présent n'est qu'un fifrelin d'instant déjà évanoui.

Eprouvons l'expérience de nos principes avant de les transmettre.

Femme. Ignare, elle se soumet à l'homme ; instruite, elle méprise l'homme ; intelligente, elle dialogue.

Généalogie. S'obstiner à escalader les branches d'un arbre dont on est descendu. Atavisme de primate.

Histoire. Succession des événements passés de l'évolution humaine, dont l'analyse et la juste relation sont l'apanage des seuls vainqueurs.

Ignorance et inconscience sont les mamelles de l'optimisme.

Il est commode de se fixer des objectifs hors de portée ; cela excuse tous les échecs.

L'activité est une occupation qui dispense de réfléchir et de penser, lorsqu'elle est intense.

L'appétit - ou l'envie - est un très mauvais guide pour qui se voudrait honorable.

L'avenir de l'optimisme appartient au divertissement ; celui du pessimisme à la réflexion.

L'espoir est un abruti qui gobe tout ce qui l'arrange, sans discernement. Et cet abruti nous fait vivre.

L'excès de capitalisme tuera le libéralisme.

L'expérience de l'humanité n'instruit que les vieillards. Avant, l'orgueil pousse chacun à ne considérer que la sienne propre.

La liberté est une exigence intellectuelle à laquelle la perspective du profit nous fait aisément renoncer.

La plus commune erreur des Français consiste à confondre "république" et "démocratie". L'une n'est qu'un Etat que le droit régit par des lois, au même titre que nombre de dictatures ; l'autre suppose le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Elles peuvent être associées, mais pas forcément.

La plus enviable des puissances, et la moins répandue, consiste à rester maître de ses vils instincts et sentiments.

La raison rend l'homme sensible au doute et le condamne à l'échec. L'ignorance est mère de courage et de réussite.

La rencontre singulière de deux êtres relève de l'empire du destin ou du hasard, selon que le trouble s'empare de chacun ou d'un seul.

La restauration de l'ordre moral sera la première mission de la civilisation qui succédera au capitalisme.

La société de la communication à outrance a galvaudé les mots, altéré leur sens, privé les gens de leur libre arbitre.

La tristesse assèche le cœur de qui n'a plus de larmes pour pleurer.

La valeur des êtres réside dans la qualité de leur imperfection.

La vie est comme une insomnie, plus ou moins longue, entre deux sommes sereins.

La vie n'est qu'un long chapelet d'occupations plus ou moins souhaitées, plus ou moins plaisantes, qui masquent la fuite du temps.

Le braillement est la métamorphose, en grognements et hurlements, du langage articulé d'un individu dominé par ses émotions.

Le commandant qui ne sut jamais obéir ne peut être qu'un tyran.

Le jugement de l'homme est à ce point peu fiable qu'il se drape dans des usages et règles dominants, ou dans des lois, pour exercer avec délectation sa nature discriminatoire des êtres et de leurs comportements.

Le mérite d'un homme vaut plus - ou moins - par l'idée qu'on s'en fait que par ce qu'il est réellement.

Le métier des intellectuels consiste à commettre des erreurs afin de les éliminer une à une.

Le plaisir doit être notre seul maître puisque c'est en son nom que s'accomplit le coït qui donne la vie.

Le poids des ans, c'est avant tout le poids des rancœurs, remords et regrets. Ainsi pèse-t-il différemment à chacun.

Le sadisme des jolies femmes est de vouloir plaire à tous et de se réserver à certains.

Le vieillard parle de lui au passé. Quel que soit son âge...

Les échecs répétés n'encouragent pas plus l'assurance que les succès n'enseignent la modestie.

Les haines communes sont mères d'amitiés improbables.

Les idées n'ont de valeur que par la force de persuasion de leurs prêcheurs.

Les livres sont des oasis patientes où s'abreuveront les ânes quand ils auront soif.

Les lois que l'on enfreint impunément ou à faible amende déforcent l'empire de la loi.

Les vrais méchants ont toujours l'air inoffensif. C'est ce qui les rend si dangereux.

Loin du souhait des contrevenants récurrents, la société ne doit pas s'adapter à l'indiscipline des citoyens. L'harmonie passe par l'éducation et la coercition.

Mesure la valeur de ta vie non à ce que tu possèdes, mais à cette part de toi qui te survivra.

Morale. Ciment pacificateur de tout groupe humain. Peu importe qu'elle varie, si ce n'est dans le même groupe.

Mort. Quand ne reste que ce qu'on a été. Le plus souvent rien, puisque avoir n'est pas être.

Ne devient-on pas sédentaire par crainte de mourir loin des siens ?

Ne vaut-il pas mieux avoir un avis sur tout que de s'en remettre toujours à la pensée dominante ?

Nos défauts irritent nos contemporains qui nous trouvent néanmoins tant de qualités à notre mort.

Nous rougissons rarement de ce que nous sommes ou faisons. La gêne ou la honte ne nous gagne que par l'opinion d'autrui, réelle ou supposée.

Orgueil. Fierté qui permet à chacun de défier la vie au point, parfois, d'y renoncer.

Paix. Noble aspiration de tous et argument invincible des traîtres et des lâches.

Parler parce qu'on a quelque chose à dire et non parce qu'on a le droit de parler, c'est le bon usage de la démocratie.

Petits enfants, petits problèmes et grandes joies ; grands enfants, petites joies et grands problèmes.

Quand j'aime, je peux comprendre et pardonner qu'on me quitte, jamais qu'on m'abandonne !

Quel chipoteur que l'homme ! Il pleure en naissant et meurt en râlant.

Réaction. Insoumission au désordre établi. Comportement considéré comme malsain car susceptible de troubler des esprits qui se complaisent dans le non-être.

Sans les préjugés, jamais l'humanité n'aurait eu à débattre et l'homme serait toujours erectus.

Se couper de ceux qui nous jugent ou nous critiquent, c'est se condamner à la solitude.

Seul un mort a des idées arrêtées.

Si la raison nous permet d'appréhender les obstacles, c'est la passion qui les renverse.

Si la société ne peut t'intégrer et t'en tient rigueur, réjouis-toi d'être un homme et non un rouage.

Si le cerveau commande au corps, le cœur échappe à sa volonté et c'est lui qui le domine.

Si mentir est ne pas dire la vérité, quel fin menteur que le silencieux !

Soumettre ce qui résiste à sa volonté est le propre de l'homme. Mais soumettre le monde revient à le détruire !

Tous les vices et tous les crimes trouvent des défenseurs. Seul l'échec n'attire que le mépris des hommes.

Tout abus longtemps toléré finit en usage ou en coutume.

Toute vie est marquée par deux traumatismes : la naissance et la mort.

Trop de collectivisme tue le socialisme ; les excès du capitalisme tueront le libéralisme.

Une illusion déçue, on s'en remet toujours. C'est la somme des illusions perdues qui menace la viabilité d'un être.

Univers. Ensemble de ce qui existe dans l'espace infini, dont tant l'espèce humaine que chaque individu s'imagine être le centre.

Vivre consiste à donner la pleine mesure de ce qui nous différencie d'autrui.


© Bernard Willems-Diriken, dit Romain Guilleaumes .