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Amertumes
Aphorismes, maximes et pensées.
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© 2007-2008 Romain Guilleaumes. Tous droits réservés.

Apaiser la violence de mes angoisses, tempérer l'ardeur de mes souffrances, me réconcilier avec moi-même et avec le monde, m'étourdir du feu de la passion, me révéler que l'amour n'est pas qu'illusion, voilà l'impossible cahier des charges qu'une pathétique désespérance impose à celles qui, inconscientes, m'invitent dans les précieux méandres de leur coeur.

Ce qui transforme un peuple noble en vulgaire public, c'est sa répugnance à comprendre et sa propension à croire.

Chacun se cherche un faire-valoir. L'amitié n'est souvent que la rencontre de deux condescendances qui se tolèrent ou se complètent.

Comment faire confiance à un peuple qui croit que la vérité sort des tabloïds ?

Dans toute relation humaine, l'équilibre ne s'atteint que par l'opposition de deux forces d'égale puissance.

Démocratie : famille où les parents s'abandonnent aux plus viles bassesses et facilités afin de plaire aux enfants, seuls maîtres à bord.

Faible et vacillante, au bord de l'extinction, la petite flamme qui anime mon être n'attend plus qu'un souffle nouveau pour reprendre ou pour s'éteindre.

Fondamentalement bons par nature, nous naissons tous idéalistes. Le matérialisme ne s'acquiert qu'au prix d'un reniement de soi et de l'adoration des choses.

Impuissant à régenter et à discipliner l'humanité, l'homme s'emploie à soumettre la nature, quitte à la violenter.

L'économie doit être au service de l'homme et non l'inverse. Mais la créature capitaliste a échappé au contrôle de ses concepteurs et, gargantuesque, ne sera jamais repue des détresses humaines qu'elle engloutit avec voracité.

L'enfance est le temps où l'on acquiert ces illusions que la vie nous enlève.

L'esclave qui justifie ses chaînes ne mérite pas la liberté.

L'humain ne peut vivre sans chercher à dominer son environnement. Dont ses semblables.

L'insignifiance des êtres s'estime à la futilité de leurs passions.

La méconnaissance et le mésusage du vocabulaire corrompent le processus de la pensée.

La plupart des gens ont tout compris à la vie. Pour résoudre toutes les questions de l'existence, il suffit de ne pas se les poser. C'est le prérequis de tout bonheur.

La récurrente incompétence politique des peuples est un plaidoyer permanent contre le suffrage universel.

La vie n'est qu'un long suicide qui se nourrit du moindre de nos gestes.

Le bonheur, c'est simple comme l'ignorance.

Le seul devoir que t'impose la vie est d'occuper au mieux le temps qui sépare ta naissance de ta mort. Au mieux de ton propre intérêt car, en vérité, personne d'autre ne s'en préoccupera.

Les ambitions d'un homme vaincu se résument à survivre un jour de plus.

Les communautés humaines sont détestables. Pour s'en convaincre, il suffit d'entendre ce qui s'y dit des absents.

Les honnêtes gens passeront toujours après les profiteurs, les malins, les cupides, les opportunistes et les arrivistes. Par leur honnêteté, ils se rendent seuls coupables de leur propre sort. Triste humanité !

Ne sont innocents que les coupables qui se dissimulent ou qui s'ignorent.

Notre pire destin n'est-il pas de décevoir nos maîtres et qui nous aimons ?

On ne gagne l'amitié d'un homme que s'il nous estime inférieur à lui ; d'une femme, si elle croit que notre rayonnement l'illuminera.

Penser la vie ou vivre sa vie, il faut choisir puisque l'un exclut l'autre.

Pouvoir et argent sont des ors que l'homme conquiert afin de mieux disposer des femmes qui les convoitent.

Qu'as-tu fait du précieux enfant que tes parents t'avaient confié ?

Qu'est-ce que ta vie ? Le creuset de bonheurs évanouis, de plaisirs évaporés, de rêves inachevés, de sentiments usés. Un présent qui peine à espérer demain.

Quand on a peu d'occasions de se réjouir de l'existence, nos instants de joie nous semblent suspects ou coupables.

Qui n'épouse les valeurs des autres s'exclut, de fait, de leur organisation. Toutes les sociétés humaines sont totalitaires par essence.

Rien ne ressemble plus à un ennemi qu'un ami qu'on a déçu.

S'il n'y avait notre faculté de rêver et d'espérer, très peu d'entre nous toléreraient leur vie au-delà de trente ou quarante ans.

Si la misère d'une existence tait la voix des confidences, elle n'en brise pas la plume.


© Bernard Willems-Diriken, dit Romain Guilleaumes .