Tourments
Aphorismes,
formules, pensées et sentences.
Émois et troubles du coeur et de l'âme.
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2011 - 2012 Romain Guilleaumes. Tous droits réservés.
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A l'absence volontaire, on ne peut rien opposer que le silence.
Comme la vie est bien faite, puisque c'est justement là tout ce qu'elle mérite. ◊
Après le grand amour, la vie se résume à l'attente, longtemps insatisfaite, de son renouveau ou de la délivrance éternelle. ◊
Au bord du précipice, l'esprit tourmenté - mais toujours avide de connaissances - choisit parfois le grand saut vers l'inconnu. ◊
C'est le plus souvent quand on commence à aimer vraiment, sans réserve et tous boucliers baissés, que l'autre choisit de s'en aller. ◊
D'égarements en échecs, de désespoir en déchéance, à grands coups d'indépendance, d'amour-propre et de fierté, on arrive par lassitude et renoncement à n'avoir plus que la rue pour vivre. ◊
Esseulé sur un quai de gare lugubre, patient mais pitoyable et pathétique, le désespéré passif attend ce train qui tarde trop à venir, celui de son dernier voyage. ◊
Hormis la souffrance, rien n'est grave dans l'existence. Pas même la mort. ◊
Je n'ai jamais haï aucune de mes ex, mais il y a effectivement un commencement à tout... ◊
Je ne suis pas rancunier, ce sont mes blessures qui ont la mémoire longue, tenace et implacable. ◊
L'autodérision sarcastique et l'humour noir sont politesses du désespoir. ◊
L'empreinte laissée par un amour véritable se lit dans la tristesse du regard. ◊
La certitude que sa mort se rapproche inexorablement est l'unique saveur que la vie puisse encore offrir au malheureux sans espoir. ◊
La fréquentation des humains - incapables de ne pas juger ou moquer - me rend triste et malheureux, celle des bêtes m'est toujours source de paix et de sérénité. ◊
La naissance est promesse de souffrances, le décès libère des affres de l'existence. Pleurons les nouveaux-nés, non les défunts. ◊
La société - sur base de ses conventions, critères et valeurs artificiels et arbitraires - juge et condamne sans appel celui qui a raté sa vie, le punit de ses échecs, l'écrase et l'abaisse plus bas que terre, ne lui laissant bientôt d'autre droit ou choix que de descendre jusqu'à six pieds. ◊
Le mépris de ceux qu'on aime nous fait détester jusqu'à nos sentiments, et parfois nous-mêmes. ◊
Le perfectionnisme consiste, aussi, à mettre un point d'honneur à réussir nos échecs et nos erreurs sans le moindre espoir d'absolution. ◊
Le plus lâche des suicides consiste à se laisser vivre jusqu'à ce que mort s'en suive. ◊
Le suicide est le point d'orgue du romantisme ; quelle plus belle mort peut-il y avoir que celle qu'on se donne par amour ? ◊
Mes sentiments sont doux et nobles, mes pensées sont rudes. Sans doute les secondes me protègent-elles des premiers.
Merci à la muse Christine Mortel ◊
Misanthrope, on peut le devenir par manque de confiance en soi et par crainte des conflits.
Ainsi, je ne sors guère de ma bulle car la fréquentation des humains - passés maîtres dans la promptitude à me juger, me critiquer, me moquer ou m'agresser - m'occasionne des souffrances morales intolérables, me condamne immanquablement à l'autodépréciation et à d'inéluctables épisodes dépressifs majeurs et suicidaires.
La solitude répond à mon instinct de conservation. ◊
Ne craignons pas cette mort forcément inéluctable. Penser à s'y donner, c'est apprendre à l'apprivoiser. ◊
Nous n'appréhendons la mort que selon notre qualité de vie. ◊
Partager son amour ou le perdre à jamais ; terrible alternative et insupportable souffrance qui rendent sensible aux charmes de la mort et du néant, délivrance et apaisement. ◊
Partir sans rien laisser de personnel, pas même un enfant, c'est n'avoir pas existé. ◊
Quand on a pris goût à la solitude, mieux vaut ne point s'en détourner que la trouver insoutenable à son retour. ◊
Sauver quelqu'un du suicide revient à le condamner à poursuivre une existence qui le torture, à lui faire du mal en prétendant songer à son bien. ◊
Si "mourir d'aimer" est une jolie expression, souffrir d'aimer est une réalité universelle. ◊
Si hors du couple nouvel amour il y a, c'est que l'amour dans le couple est mort déjà. ◊
Si la vie ne peut offrir le bonheur et n'accorde que des moments de bonheur, autant les vivre passionnément. ◊
Si le chien est le meilleur ami de l'homme, il est surtout le seul ami de l'individu. Son amour et son soutien lui sont indéfectibles, dans la joie ou la tristesse, l'aisance ou l'indigence, la réussite ou la déchéance, la solidité ou la fragilité, la force ou la faiblesse. Combien d'humains n'ont-ils renoncé à la séduisante idée du suicide qu'à la faveur de cet amour-là ? ◊
Sombre !, sombre !, mais sombre donc !, pitoyable navire à la dérive, frêle esquif vermoulu, infertile arche de souvenirs, d'espoirs déçus et de rêves inassouvis. Sans lendemains, tel est ton meilleur destin ! ◊
Tourments de l'esprit, de l'âme et du coeur, ma vie ne serait rien sans vous... qui l'empoisonnez pourtant. ◊
Tourne-toi vers le passé, s'y trouve ta vie ; tourne-toi vers l'avenir, s'y trouve ta mort. ◊
Tristesse, mélancolie et nostalgie, sont des compagnes d'une fidélité exemplaire. ◊
Trop souvent priver l'autre de notre présence finit par lui procurer le goût plaisant de notre absence. |