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Journal, Notes & Impudeurs
Carnet
personnel, jalons de quelques temps.
Pensées,
réflexions, humeurs, opinions, portraits et fictions.
.©
Romain Guilleaumes. Tous droits réservés.
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Nivellement par la presse
La presse fait
aujourd'hui son audience et ses programmes en ouvrant ses
colonnes et micros aux humeurs, sentiments et opinions de
tout le monde et n'importe qui, sans le moindre souci de
solliciter compétence et de rencontrer pertinence, mais au
fallacieux prétexte de contribuer à l'installation de la
démocratie participative. Une manière comme une autre de
détourner l'hypocrisie en gage de bonne conscience.
Mais en incitant les gens à pester, râler, rouspéter, contester, protester
ou revendiquer, la presse alimente leur besoin de "paraître
dans les médias" et les encourage à toujours clamer leurs
humeurs, qu'on leur laisse erronément croire dignes
d'intérêt pour le public et décisives pour le devenir
commun.
Hélas, la vraie motivation de la presse ne consiste en aucune promotion de
la citoyenneté ou noble démarche d'émancipation politique et
démocratique, mais bien plus vulgairement en la création et
l'entretien artificiels d'un public et d'un marché
économique, une clientèle dont la raison d'être n'a d'autre
objet que d'assurer sa pérennité.
La presse, dès lors, ne sert finalement aucun autre intérêt que son profit
matériel, et la nécessité d'audience qui en découle la
condamne à toutes sortes de facilités dont les plus communes
se nomment démagogie et sensationnalisme.
Cette presse-là n'éduque plus, n'instruit plus, n'élève plus le fruste
vers la connaissance et l'esprit critique, mais s'abaisse au
niveau des plus viles, primaires, égoïstes, mesquines et
simplistes intelligences, au risque d'abaisser durablement
le centre de gravité intellectuel de toute la société,
qu'elle continue malgré tout de façonner au quotidien.
Puisque les journalistes font l'opinion dont est issue la classe
politique, on n'a jamais que la société que méritent nos journalistes.
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26 janvier 2010 -
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