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Journal, Notes & Impudeurs
Carnet
personnel, jalons de quelques temps.
Pensées,
réflexions, humeurs, opinions, portraits et fictions.
.©
Romain Guilleaumes. Tous droits réservés.
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Morveux
J'ai récemment tenté
de dialoguer avec un quadragénaire bon teint, maître censeur
autoproclamé devant l'Eternel. Homme raisonnablement
instruit et cultivé, bien qu'il ne marque pas vraiment les
esprits par ces qualités ci, il est cependant dominé par ses
sentiments et ses émotions, et guidé en toutes choses par la
promotion permanente de son égo.
Mais en parlant avec lui, je ne découvris finalement qu'un enfant, je
dirais même plus, un sale gosse têtu et morveux.
Ce n'était pas la première fois que je le constatais mais jamais encore
son personnage buté et caricatural ne s'était si directement
opposé à moi. Et c'est à la fois consternant, inquiétant et
désolant de constater à quel point un être sensé être mature
n'abrite jamais que l'étroitesse d'esprit d'un enfant borné,
qui se complait dans son ignorance.
Ainsi, alors qu'il avançait une opinion démentie par
les faits et la connaissance, alors que je tentais sans
succès d'enrichir son raisonnement de notions, de nuances et
d'informations qu'il ignorait manifestement, il n'eut de
cesse de me couper la parole, de répéter bruyamment aussi
longtemps qu'il me voyait tenter d'articuler une parole
sensée : "Non, non, non, non, non, non, non, non,...". Un
infernal staccato dont le niveau sonore lui garantissait de
ne pas m'entendre, si j'avais seulement l'outrecuidance de
persister dans ma volonté de parler, et la virginité de ses certitudes pourtant
erronées.
J'hésitai un instant entre laisser exploser ma colère pour surpasser son
stratagème infantile et mesurer en silence la bêtise dont il
témoignait de la sorte. J'optai pour la seconde solution et
découvris en lui un de ces sales gosses qui se bouchent les
oreilles et crient à tue-tête tant qu'on essaie de leur dire
quelque chose qu'ils ont décidé de ne pas entendre.
On a bien raison de dire qu'un enfant subsiste en chacun nous. Avec le
recul, je me prends de compassion pour les pauvres parents
qui ont dû supporter celui-là.
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18 janvier 2010 -
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