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A vrai dire
Aphorismes, maximes et pensées.
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© 2007-2008 Romain Guilleaumes. Tous droits réservés.

A propos de ce qu'on dit de moi, le bien comme le mal, tout est vrai. Aux yeux de celui qui le dit, bien entendu...

Au contraire du fouillis multiculturel, la société multiraciale ou multiethnique est parfaitement viable, pour autant que tous adhèrent aux mêmes valeurs morales et sociales, culturelles par essence.

Aux derniers instants de la vie, le seul bilan qui vaille est celui de l'affection. Amour, haine et peine. Qu'as-tu donné, qu'as-tu reçu ?

Aucun adulte ne peut réparer son enfance brisée. De là naissent les vainqueurs insensibles et les vaincus romantiques, les puissants et les ratés.

Bon bouclier du coeur, l'esprit critique nous assassine lorsqu'il se mue en une armure inviolable qui étouffe jusqu'à nos plus simples et sincères sentiments.

Bonheur est le nom public de sérénité.

C'est parfois dans les plus petites choses, dans les petits plaisirs, qu'on rencontre les plus grands bonheurs.

Ce sont des pleurs étouffés, intimes et secrets, qui fécondent la hargne et la rage des mots qui blessent ou scandalisent.

Ce qui n'existait pas hier et n'existera plus demain est indigne d'intérêt aujourd'hui.

Celui qui renonce à ses espérances est bien près de nous quitter.

De tous temps, les politiques ont dû choisir entre l'avenir du peuple et l'avis du peuple, entre s'occuper de la société ou de leur carrière.

Dieu est le nom de la conscience des hommes. Lorsque la foi s'éloigne, la morale s'égare.

Doux rêveur que celui qui s'imagine qu'honnêteté et autodiscipline sont des valeurs autres que théoriques.

Du pauvre qui le reste ou du riche dont les privilèges ne seront plus que souvenirs, j'ignore qui est le plus à plaindre.

Du présent, nous attendons toujours plus et mieux. Ainsi le bonheur ne se conjugue-t-il qu'au passé ou au futur.

Entre amour et désir, les hommes ont toujours peine à distinguer.

Faillite de l'utopie multiculturelle, la Belgique est un Etat artificiel, une non-nation dépourvue d'âme, dont la déroute est un enseignement pour tous les peuples.

Ignorer tout du monde, de l'humanité et du savoir, ne connaître que quelques êtres proches, n'est-ce pas là le secret du bonheur ?

Il n'est pas de bien aussi précieux que le sourire de ceux qu'on aime.

Il ne croit en rien, celui qui ne croit qu'en lui.

Initiatrice de la morale, distinction du bien et du mal, la religion a empêché plus de crimes que l'homme n'en a commis en son nom.

Jamais une juxtaposition de différences n'a créé une communauté authentique.

L'amitié est un trésor pour qui sait la recevoir et l'offrir, non l'échanger, la louer ou la négocier.

L'histoire des hommes, c'est l'histoire des élites passées. Des obscurs et des laborieux, il ne reste au mieux que d'infimes fragments de gènes.

L'homme a inventé le travail pour s'éviter de trop penser, et l'argent pour endurer stoïquement le travail organisé. Ainsi naquirent tous les maux de l'humanité.

L'homme déteste ses semblables mais il excelle dans l'hypocrisie qui, selon ses intérêts, lui facilite leur fréquentation.

L'improbable est, le plus souvent, un impossible qui manque d'assurance pour s'affirmer.

L'opinion s'inspire moins de la connaissance que du ouï-dire.

L'orgueilleux préfère n'être rien que pas grand chose.

La pire insulte qu'on puisse faire à une femme qui tente de vous séduire, c'est de lui préférer la solitude.

La principale faculté de l'homme, de son âge le plus tendre au plus avancé, est de se convaincre que ses envies sont des besoins.

Le combat des nations est dépassé, le contraste des cultures annonce l'antagonisme des civilisations.

La vocation d'un mot ou d'une pensée n'est pas de quérir l'accord du lecteur, mais d'afficher une pertinence qui suscite sa réflexion.

Le bon usage du droit de vote suppose de privilégier l'intérêt collectif aux aspirations individuelles.

Le cartésien reconnaît l'amour lorsque, malgré lui, l'irrationnel le submerge d'étranges et merveilleux émois qui narguent sa raison. Il se découvre idiot, et il aime cela.

Le Dieu des grandes religions est une invention humaine, car il n'accorde d'estime qu'au seul être humain et néglige le reste de la création. Ce qui ne prouve en rien l'inexistence d'un Dieu équitable, donc inhumain.

Le français, l'allemand, l'espagnol et l'italien sont les langages qu'emprunte la culture. L'anglais n'est que la langue véhiculaire des voyageurs ou l'idiome du profit et du matérialisme.

Le plein exercice de la liberté condamne à l'isolement. Peu d'âmes sont assez riches pour payer un prix aussi exorbitant.

Le savoir se perd avec celui qui néglige de le transmettre.

Le sexe sans amour n'est que la jouissance d'un instant fugace.

Les écrivains et philosophes, si soucieux de discipliner les mots en un ordre harmonieux mais strict, sont souvent éblouis par les sociétés rigoureuses dont les prétextes rencontrent leurs sentiments. Les dictatures communistes en ont séduit quantité, les fascistes quelques uns.

Les idées, les phrases et les mots sont des dons faits à l'humanité. Dépourvus de valeur marchande, ils incarnent l'ultime refuge de la noblesse humaine, ou ce qu'il en reste.

Les idées ne vieillissent pas et ne meurent pas, il leur arrive juste de ne pas être dans l'air du temps. Quant aux hommes, ils servent uniquement à les cultiver et à les véhiculer.

Les lois liberticides sont celles qui taisent la pensée, non celles qui entravent le mouvement.

Les rancoeurs sont les catins de l'aigri. Il lui en coûte de les aimer, mais il n'a qu'elles.

Les tyrannies naissent où règne la pauvreté, qu'elle soit matérielle, morale ou intellectuelle.

Lorsqu'un système de libertés ne profite plus qu'aux forts et aux malins, qu'insécurité et pauvreté accablent les faibles, il est mûr pour un ordre moral et social manichéen, autoritaire et rassurant. Le XXIè siècle verra le triomphe du dernier système rigoriste, l'islam.

Lorsqu'une société humaine se sait vulnérable ou à l'agonie, elle cesse de proposer ses valeurs et les impose. Par la force ou par un arsenal juridique abusif.

Méfie-toi du flatteur, méfie-toi de toi-même.

On a tôt fait de juger immature l'adulte qui reste fidèle aux idéaux de sa jeunesse. Pour mériter l'estime d'autrui, il n'y a d'autre voie que partager les mêmes reniements et s'enorgueillir des mêmes abdications et soumissions.

On n'est tolérant qu'à mesure que l'on espère être toléré ; intolérant selon qu'on est bafoué.

On ne peut faire de politique sans être très doué. Pas tant pour donner des coups que pour les encaisser sans faiblir.

Où l'école passe, le rebouteux trépasse.

Patrie des droits de l'homme et de la démocratie appliquée, la France n'a pourtant jamais autant brillé que lorsqu'elle confiait son destin à un despote éclairé, élu ou non.

Quand la lumière de l'amour ne pénètre plus un coeur, sa nuit ressemble aux ténèbres.

Rien n'est plus proche du merveilleux que la sensation d'aimer.

Rien ne provoque plus facilement ma colère que mon impuissance face à la douleur de qui j'aime.

Celui qui revendique l'égalité, aspire en fait à inverser les rapports de force.

Trop peu d'Etat, et ce sont les entreprises qui gouvernent les gens, qui décident de leurs moyens et dictent leurs besoins.


© Bernard Willems-Diriken, dit Romain Guilleaumes .