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Aphorismes, maximes et sentences.
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© 2004 Romain Guilleaumes. Tous droits réservés.

A en croire chaque homme, sa réussite se doit au mérite et son échec au destin. Le sort des autres, par contre, s'explique par la chance ou par l'incompétence.

Alors que nous n'avons pas de considération pour les vies terrestres autres qu'humaines, que dissimule notre quête de vies extraterrestres ?

Apprendre à se contenter de ce qu'il a est le premier instinct du loser.

Au fond de lui-même, chacun abhorre la démocratie qui fait trop de cas de ceux qui ne pensent pas comme lui. Tous les hommes sont des dictateurs en puissance, très peu en ont l'étoffe.

Aujourd'hui, la valeur du travail ne se mesure plus qu'au profit matériel qu'il génère. Le travail gratuit ou peu rentable ne mérite, hélas, plus le moindre respect.

Beauté, richesse et pouvoir séduisent le vice et ricanent de la vertu.

Bonheur ou malheur, nous choisissons pour témoins des amis qui se préfèrent nos juges en notre absence.

C'est une loi naturelle que la qualité l'emporte sur la quantité. Ainsi un Dieu succéda aux dieux et l'humanité décline en proliférant.

Ce qu'il y a de risible avec la bêtise, la sottise et la connerie, c'est que chacun s'en croit immunisé et que personne ne l'est, tant le jugement humain est subjectif.

Celui que l'humanité ne désespère pas, n'a jamais cru en elle.

Celui qui cherche dans le livre de quoi servir son intérêt, et non de quoi s'interroger, est étranger à l'intelligence.

Chanter la paix face aux armées triomphantes, c'est mériter le seul droit de se taire ensuite et à jamais.

Chaque culture est un enrichissement mais la multiculturalité, le mélange, est un appauvrissement de chaque culture, un amas hétéroclite, un chaos culturel proche du cloaque.

Dans une démocratie moderne on ne brûle pas les livres, on condamne en justice les idées et les opinions dissonantes.

Dès que la majorité de mes contemporains choisit la même option que moi... j'en déduis que je suis forcément dans l'erreur. Si la raison, la sagesse et l'intelligence étaient majoritaires, ça se saurait.

En démocratie, règne la dictature du plus petit commun cru ou ressenti. Certainement pas pensé.

En politique, il y a intérêt à ce que l'ennemi soit fort et fasse peur pour que la masse des neutres prenne notre parti.

En termes de croyances, l'intégrisme est la règle. Croire partiellement n'est pas croire.

Enfreindre l'ordre établi est un devoir où le droit est absent ; une méprisable insolence où il règne.

Femme moderne. Rieuse, simple et amicale, il suffit à son bonheur de ne rien savoir.

Génocide : crime contre l'humanité ; humanité : crime contre la création. Qui nous jugera ?

Il faut travailler pour vivre, non vivre pour travailler.

Jamais pensée n'est vérité, elle n'est au mieux que solide conviction.

Jamais personne ne vous fera le procès d'une opinion, pourvu que vous la taisiez. Dans le domaine des idées, c'est la liberté d'expression qui fait le plus défaut.

L'ambition économique et sociale trahit une sérieuse maladie ophtalmologique. Comment expliquer autrement que l'on puisse voir grandes de viles bassesses humaines telles que l'argent, les apparats et la possession ?

L'amour est mortel. A part l'incertitude, rien ne le tue plus sûrement que la certitude.

L'angélisme voudrait punir le crime et compatir aux maux du criminel. C'est confondre cause et conséquence. Sans criminel, pas de crime !

L'esprit peut rester jeune dans un corps qui vieillit ou vieillir dans un corps que l'on sculpte. Le sport sert les imposteurs.

L'être est vanité, puisque nous nous prétendons plus que rien, ce que nous sommes pourtant.

L'être sans conscience ne se juge jamais. L'absence de conscience est une bonne conscience permanente.

L'Histoire est un balancier dont l'équilibre s'acquiert par l'alternance des extrêmes. Ainsi, un Occident trop tolérant et conciliant verra bientôt la minijupe remplacée par le tchador.

L'humanité ne désigne pas l'ensemble des hommes, mais l'infime part de survivance des élites passées. L'essentiel des humains ne naît que pour mourir, sans rien marquer, sans rien laisser, sans participer au devenir commun.

L'humanité n'est un tout et n'a d'identité qu'aux yeux des naïfs, des utopistes et des simples d'esprit. En fait, il n'est qu'un chaos d'individus éphémères et discriminables.

L'insolence est la dignité du pauvre.

L'intérêt du bien commun - la politique - est chose trop sérieuse pour laisser des peuples formés d'égoïstes soucieux du présent et du plaisir immédiat s'en charger. Pis encore lorsque ces gens délèguent leur pouvoir à des arrivistes, ambitieux et amoraux. Qu'il est donc difficile, quand on y réfléchit, de défendre avec conviction la noble idée de démocratie...

L'on peut croire en la justice et se défier des juges, comme l'on peut croire en Dieu et se défier du clergé. La croyance en devient-elle stérile ou vaine pour autant ?

L'opinion est le fruit du viol d'une pensée par un sentiment.

La bonne foi est un lieu commode pour y précipiter les fautes de l'ignorance.

La démocratie, c'est le droit fondamental de dire tout ce que l'on pense... à condition que cela ne heurte pas la volonté du législateur !

La démocratisation a ceci de fabuleux qu'elle place tout et n'importe quoi à la portée de tous. Désormais, règnent le prêt-à-porter, le prêt-à-consommer et le prêt-à-penser.

La liberté consiste à choisir soi-même ses chaînes.

La morale que l'on suit, on veut l'imposer pour en partager les souffrances.

La musique et la danse réunissent les individus. Plus une peuplade, une tribu ou un groupe d'individus est primitif, plus cela se vérifie.

La propriété est un jardin d'Eden à la mesure de notre petitesse.

La quête absolue de l'idéal est le plus sûr moyen de rater sa vie.

La religion ? Une cagots phonie.

La richesse crée les amitiés ; la pauvreté compte les amis.

La science naît de la prétention suprême de l'Homme : tout savoir pour mieux contrôler et influer. La nature, la planète et l'univers tremblent d'effroi à cette terrible perspective.

La souffrance naît de la connaissance car on ne peut souffrir de ce que l'on ignore. Vouloir l'élévation des humbles par l'instruction est la plus perverse expression du sadisme.

Le politicien vulgaire suit le peuple ; l'homme d'Etat le précède.

La tolérance du vice est la vertu de la décadence.

La vertu qu'on réclame naît du vice dont on ne peut jouir.

Le désordre naît de l'irrespect d'autrui, d'une absence d'autodiscipline engendrée par l'égocentrisme. C'est en cela que l'humain moderne abjure et conspue tout établissement de l'ordre.

Le pacifiste par principe est un vaincu par nature.

Le peuple n'entend rien à la politique car elle s'occupe de tous et non de chacun.

Le propre, ou le sale tort, du peuple de France est de déconsidérer ou d'ignorer tout ce qui n'est pas français.

Le roman est le genre littéraire idéal. Il permet de dire ce que l'on pense... sans avoir à le défendre.

Le suicide est l'ultime courage et la bravoure sublime des lâches.

Le suicide, c'est prendre les choses en mains et se montrer responsable, refuser enfin de s'en remettre à autrui, au hasard ou à la providence.

Le travail des uns fait leur survie économique et la richesse des autres.

Le verbe clair n'est pas entendu, car imaginé compris sans effort. La compréhension résulte de la réflexion.

Les aigris sont les arrogants qui n'ont pas réussi.

Les faiblesses des hommes sont le moyen de les mener, de les soumettre, de les abuser. Bref, de les gouverner.

Les imbéciles sont une bénédiction. Chacun découvre ceux qui l'aident à se croire intelligent.

Les voyages n'enrichissent plus que l'industrie du tourisme.

Manquer de respect à une femme, c'est l'appâter. A une jolie, c'est l'ignorer ; à une laide, c'est la flatter.

N'avoir foi qu'en soi ! Ainsi une communauté s'enrichira de quelques esprits, se mutilera de trop d'ambitions et se détruira d'une multitude d'égoïsmes.

N'est-il pas étonnant que les athées trouvent la vie "sacrée" et se prononcent si volontiers sur la condition de "l'âme" humaine ? Termes et concepts, pourtant, profondément religieux...

Nier Dieu et croire en l'Homme, c'est le sacre de l'arrogance et de la suffisance.

Non, Satan n'est pas mort. Ce maître de roublardise se fait simplement appeler Allah.

Nous envions nos supérieurs et nous méprisons nos inférieurs. En cela, oui, nous sommes tous égaux.

On ne comprend bien que l'abscons, une fois exploré.

On ne pleure pas le destin d'un mort mais la perte du bien qu'il nous apportait. Si nous pleurions le martyre à venir, les maternités seraient océans de larmes.

Opportuniste et féminine, l'éloquence déserte le vaincu pour s'offrir à celui qui connaît la réussite.

Plus l'esprit est léger et la tête vide, plus la posture est droite.

Plus qu'un sens à la vie, il importe de trouver une justification à l'existence de chacun. A commencer par soi-même.

Plus zélateur ou pourfendeur que judicieux critique, nul n'est bon juge de lui-même.

Plutôt que le règne de la majorité, la démocratie ne serait-elle pas la dictature des minorités protégées ?

Pour sauver quelques assassins, combien donc d'enfants ont-ils tués dans le ventre de leur mère, ces pourfendeurs de la peine de mort et zélateurs de l'avortement ? Qu'est donc un génocide s'il n'en est point un, là ?

Pour un être gracieux, l'instruction est un mérite ; pour un disgracieux, c'est un devoir.

Pour vaincre l'élitisme, il faut nourrir le peuple de connaissance. Jamais, hélas, le nombre n'a réellement eu faim ou soif de celle-ci. Et, quand on le force, il vomit ou défèque mais n'assimile rien.

Qu'ils sont désespérants et insipides ces gens bons, irréprochables, toujours égaux, dépourvus de mesquinerie, de colère, d'acrimonie et d'intransigeance. Heureusement, si beaucoup les imitent, très peu les égalent... et l'humanité conserve sa pleine vivacité.

Quand une civilisation atteint son apogée, elle pervertit la tolérance par l'excès et entame son agonie. Ainsi, les moralité diaphane et sexualité débridée sonnèrent, jadis, le glas de Rome et d'Athènes.

Qui n'aime pas les cons hait l'humanité, dont lui-même, car nous sommes tous le con de quelqu'un.

Qui recherche l'assentiment de ses semblables n'a qu'à se blâmer pour l'obtenir.

Relative doit devenir la liberté de celui qui, en son nom, attente au droit d'autrui.

S'astreindre à souffrir en silence, c'est une vocation d'esclave.

Sans amour, le sexe n'est que la satisfaction d'un besoin naturel primaire, comme uriner ou déféquer.

Sans liberté, l'humain commun s'astreint au travail sous la contrainte ; libre, il choisit le même esclavage contre de l'argent.

Selon la loi du pendule, la recherche de l'équilibre réclame que tout excès soit naturellement compensé par son contraire. La liberté débridée génère l'ostracisme et le fascisme.

Servir est la vocation de la religion. Servir Dieu ou les hommes, parfois ; servir les religieux, souvent.

Si ce que je dis dérange, c'est que je ne dois pas être loin de la vérité.

Si la tolérance prône la coexistence de toutes les idées, même et surtout antinomiques, elle devient la négation de tout système de valeurs. Une société ouverte et tolérante par principe est dépourvue de valeurs, elle agonise si elle n'a déjà trépassé.

Si nous aimons tant parler à nos morts, n'est-ce pas que nous leur reconnaissons l'indicible mérite d'ignorer la contradiction ?

Si vous avez une femme et non un amour, n'attendez pas son soutien dans le grain, au premier coup de tabac elle s'en ira.

Subsister est le vivre des insoumis.

Tant qu'il ne la juge pas lui-même utile ou valable, la vie d'un homme n'a pas la moindre importance.

Technologie et économie se sont emballées. N'ayant plus le temps de réfléchir, l'homme devient servant, serviteur, esclave.

Toujours, Dieu révèle les hommes. L'agnostique démontre son intelligence en acceptant son ignorance, le dévot et l'athée ne peuvent en dire autant.

Tous les hommes naissent parasites sociaux. Les plus serviles au système deviennent citoyens honorables.

Tout homme de quarante ans est devenu un vieux con, ou resté un jeune con.

Toute dictature brûle d'abord les livres, car un peuple qui ne lit pas est servile. La force ne s'impose pas toujours pour y parvenir : regardez nos "démocraties"...

Trop souvent, l'honneur se dilue dans la quête éperdue des honneurs.

Un peuple qui ne vise qu'à se divertir, voilà le blanc-seing des gouvernants.

Une bonne loi ne peut être qu'intransigeante. Son unique mission est d'interdire, jamais d'autoriser ou de tolérer, sinon elle se mêlerait de régenter la liberté des êtres et perdrait son autorité.

Une brillante réussite sociale suppose l'abdication de la vertu.

Une loi est transgressée non parce qu'elle est injuste mais parce que sa sanction est insuffisante.

Vice chez l'homme est nature chez l'animal ; la quête du plaisir réduit le premier à l'état du second.
 


© Bernard Willems-Diriken, dit Romain Guilleaumes .