Errance
Aphorismes,
maximes et pensées.
.©
2005 Romain Guilleaumes. Tous droits réservés.
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A la vengeance, je préfère
la revanche ; à la souffrance infligée sans gloire, la noble victoire
qui fait rager.
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Aimer souffre de trop de
promesses et de trop peu d'engagements.
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C'est dans la solitude que
l'homme puise, au plus profond de lui-même, ses richesses les plus
inespérées.
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C'est effarant le nombre de
gens qui meurent sans avoir pris le temps de dire qu'ils existaient.
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Chacun appelle "ordre" tout
désordre qui ressemble au sien et qui le sécurise.
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Chance, providence et
destinée ne seraient-elles que hasard, vulgaire conjonction de
coïncidences ?
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Chérir le souvenir de
l'amour perdu c'est l'aimer encore, même dans l'absence.
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Croire ou espérer en de
meilleurs lendemains n'amoindrit pas la souffrance. Au contraire, ça
l'accentue par le pressentiment d'une illusion.
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Dans
toute séparation, il y a la promesse d'une jouissance : celle d'être à
nouveau à soi, exclusivement !
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Dénigrer le couple est
l'apanage de qui obéit à ses sens et non à son cœur.
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Epitaphe. Une vie trop longue
des années durant ; bien trop courte aux derniers instants. "Encore !" se
perd dans le silence du trépas.
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Fougueuse
jeunesse qui révolutionne, qui crée, qui invente... ce qu'elle ignore
avoir été pensé par une infinité d'âmes disparues !
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Il
est des périodes de la vie où chaque jour de plus ressemble furieusement
à un jour de trop.
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Il
faut avoir souffert de mépriser et de haïr pour justement savoir aimer.
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Il
faut toute la vie pour apprivoiser la mort.
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Il paraît que ce serait
l'esprit, la conscience, voire le rire qui fait l'homme. Et si c'était,
seule, la croyance en Dieu ? Ce credo qui distingue le bien du mal,
notions ignorées de l'animal...
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Il suffit de fréquenter
plus sot que soi pour s'imaginer avoir de l'esprit.
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J'ai
très tôt atteint mon niveau d'incompétence. Quand j'ai été confronté au
réel et au concret, j'imagine.
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J'aime
pas trop les fleurs. Quand on m'en lance, les pots suivent.
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L'agressivité
révèle l'animal peureux, comme la véhémence trahit l'homme faible.
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L'amitié est la communauté
des secrets.
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L'avenir
est une impasse car il ne mène à nul autre ailleurs que lui-même.
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L'enfer
est un lieu dont Dieu est absent. Partout où Dieu n'est plus, l'enfer a
vaincu.
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L'enseignement doit fournir
à chaque individu les moyens d'aller à la rencontre du meilleur de
lui-même.
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L'honneur
suppose de ne rien céder de sa noblesse d'âme aux sirènes de l'intérêt
et du profit.
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L'idée
de Dieu n'a pas encore péri sous les impitoyables coups de butoir de
l'intelligence, de l'analyse, de la raison, de la critique et de la
science. C'est un signe ! Oui, mais un signe de son existence ou de la
constance du désespoir humain ?
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L'idée
d'une destinée est une douceur qui se glisse dans le cerveau de qui ne
croit plus en rien mais s'obstine à espérer encore un peu.
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La bonté sincère se dilue
au nombre de ses bénéficiaires et attire les abuseurs. Pour être entière
et rester véritable, elle ne peut s'accorder qu'à une élite de proches
choyés.
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La fidélité est peut-être
le plus grand des devoirs qui s'imposent à l'être humain. Par respect
pour l'autre certes, mais pour rester en paix avec cette conscience qui,
seule, nous différencie de l'animal surtout.
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La jalousie n'est pas plus
une marque de défiance qu'un manque de prétention et de suffisance.
Personne d'autre ne serait-il donc capable de séduire l'être aimé ?
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La jeunesse, des esprits
fragiles dans des corps fermes et agiles. Rendez-vous de la naïveté et
de l'impétuosité.
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La
méchanceté est le pus qui dégouline des blessures d'amour-propre.
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La
mémoire ne fournit de souvenirs qu'aux ordres du cœur.
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La nudité dans la relation
amoureuse, c'est une offrande que l'on fait de son moi véritable,
dépourvu des boucliers et masques qui nous protègent de la société, qui
nous facilitent l'épreuve de ses règles et de ses contraintes.
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La patrie est un puissant lien commun auquel on adhère et que l'on
défend. J'en ai deux : ma langue et l'Occident.
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La
solitude est la nuit de l'âme, la plus discrète amie de nos larmes.
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Le baiser est une rencontre intime qui suggère aux
intimités de se rencontrer.
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Le
baiser et la gifle n'ont de sens que s'il est une joue pour les
accueillir.
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Le
bonheur appartient au présent qui se déleste du passé et ignore
l'avenir.
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Le but de la vie n'est pas
le plaisir mais la procréation. Le plaisir en est l'invite et le moyen.
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Le chagrin est l'apprenti,
un peu gauche, de la souffrance.
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Le destin est un hasard
extrême, bon ou mauvais, qui nous sauve de la médiocrité.
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Le
mensonge est l'abc de la trahison.
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Le
monde n'a pas de maîtres. Les dinosaures ont vécu, l'homme est venu ;
l'homme s'en ira, une autre espèce règnera avant de disparaître.
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Le
récit du malheur d'autrui n'instruit personne ; l'expérience du malheur
instruit chacun.
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Le sentiment traduit le
désir en romance.
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Le sexe c'est le pouvoir,
puisque les hommes ne pensent qu'à l'un et que l'autre est leur seule
quête.
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Le souvenir est un savoureux faux témoin de notre passé.
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Le suicide est un supplice
pour ceux qui restent sans comprendre.
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Les bibliothèques sont les
caveaux de la pensée humaine. Chaque exhumation grouille de révélations
et de questionnements ; elle enrichit.
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Les enfants sont innocents
et souriants car aucun passé ne les poursuit.
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Mauvais
genre que l'humain !
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Nous
louangeons qui renforce nos valeurs en les épousant.
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On
ne se voit jamais tel qu'on est. Jeune, on se croit mûr ; mûr ou décati,
on s'imagine "encore jeune".
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Où la morale perd son crédit, triomphe la loi du plus
fort. N'immolons pas les vestiges vertueux du christianisme.
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Paradoxe. N'être pas grand chose, le savoir et rester
digne, rend l'humilité orgueilleuse.
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Passion, toi seule donne
des accents de vérité à tous les menteurs et bonimenteurs, politiques,
urbains ou amoureux.
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Pourvu
qu'il ait un modèle à suivre ou un chef reconnu à qui obéir, théiste par
nature, tout être accepte sa sujétion à une puissance supérieure.
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Qu'il soit Dieu, la nature,
le hasard ou l'évolution, pourquoi donc l'ordonnateur de la vie s'est-il
piqué de nous faire connaître et la raison, et les sentiments ? Des
antinomies telles qu'elles nous pourrissent la vie.
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Quand on est dans
l'incapacité d'écrire, on est prisonnier d'un incorruptible bourreau et
geôlier : soi-même.
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Qui
a pleine conscience de la mort fait de la vie une fête permanente.
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Se vouloir "encore jeune"
n'est qu'un flirt avec le souvenir de sa jeunesse disparue.
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Selon Cocteau, ne jamais
réfléchir mène à un bonheur stupide. Fort bien. Mais réfléchir mène-t-il
à un bonheur intelligent... ou plutôt à l'absence de bonheur ?
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Si
le moraliste s'interroge sur les mœurs de son époque, le moralisateur
veut régenter celles de ses proches.
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Si
les ouvriers du bâtiment s'inventaient un dieu, ils le feraient maçon...
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Soit on aime, soit on hait.
Sinon, on méprise. Aimer et haïr sont signes de respect et de
reconnaissance.
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Sur
la route, le délinquant est toujours plus proche du criminel qu'il ne
l'imagine.
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Un
"loser" ou un raté, c'est un être qui reste sourd à nos valeurs,
servitudes et ambitions. A ses yeux, nous sommes également dans
l'erreur.
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Une
journée où l'on n'a rien appris est une journée perdue.
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Une nation ne se justifie
que par l'identité de langue et de culture, jamais par des frontières
arbitraires et absurdes.
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Une
pomme sur la tête de Newton, un cœur sur la mienne. L'attraction révèle
ou fait perdre la raison.
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Une religion qui, au minimum, ne soignerait pas plaies et bosses de
l'âme ne serait qu'imposture.
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Une séparation, c'est rompre un lien qui n'attachera plus
que l'autre.
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Une vengeance implacable et réussie laisse un goût amer
qui mêle scrupules, regrets et remords. Pfff... On ne peut même pas en
jouir pleinement !
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Vaine n'est pas la vanité qui nous fait dépasser notre
médiocrité.
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